JPM - Films vus - Notules -  Février 2020

Notules - Février 2020

 

Plus courtes que les critiques, les notules traitent d’un ou plusieurs films, ou de sujets d’actualité en rapport avec le cinéma. Jusqu’en septembre 2004, elles provenaient de divers forums aujourd’hui disparus. Par la suite, elles s’en affranchissent et sont rédigées directement ici.

Œuvres : L’esprit de familleRevenir – Mes séances de lutte – LuciérnagasParasite#JeSuisLàLa fille au braceletLa cravate

Personnes citées : Éric Besnard – Jessica Palud – Catherine Deneuve – James Thiérrée – Bani Khoshnoudi – Éric Lartigau – Stéphane Demoustier – Étienne Chailllou – Mathias Théry – Bastien Régnier – Jean-Marie Le Pen – Marine Le Pen – Florian Philipot – Franck de La Personne – Jean-Luc Mélenchon

L’esprit de famille

Lundi 3 février 2020

Réalisé par Éric Besnard

Sorti en France (Festival d’Angoulême) le 23 août 2019

Sorti en France le 29 janvier 2020

Encore un de ces films qui se veulent des comédies, tout en visant assez bas et jouées par des acteurs en roue libre. On patauge dans la banalité, en escomptant que les personnages vaudront le déplacement. Mais si l’on sourit parfois, on ne rit jamais à cette pseudo-histoire de fantôme paternel.

En bref : à voir à la rigueur.Haut de la page

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Vendredi 7 février 2020

Réalisé par Jessica Palud

Sorti en Italie (Fstival de Venise) le 1er septembre 2019

Sorti en France le 29 janvier 2020

Encore un film sur la misère des paysans français, construction à la truelle et très tirée par les cheveux, tant la réalisatrice (qui, notamment, n’a été qu’assistante sur deux mauvais films réalisés par d’autres) s’est acharnée à accumuler les ennuis sur cette malheureuse famille, sans trop se soucier de la vraisemblance : de quoi vivent ces paysans, puisqu’ils ont vendu leurs vaches, n’élèvent aucun autre animal et ne cultivent rien ? Outre cela, le frère aîné, qu’on ne verra jamais, s’est suicidé avant le début du film, la mère agonise à l’hôpital, le père s’est remis à boire, et la ferme s’apprête à être vendue (bradée, plutôt). Quant au fils cadet, qui vivait au Canada, il est provisoirement de retour pour assister à la fin de sa mère, fin attendue depuis le début et qui arrive sans coup férir.

Pour ne rien arranger, tout est filmé en gros plans de visages et à la caméra portée, méthode rudimentaire mais à la mode, dont Catherine Deneuve, dans La vérité, demande très justement si cela coûterait à ce point cher, d’acheter un pied de caméra. Enfin, les acteurs mangent leur texte et rendent inaudibles le plus gros des dialogues,

Quant à l’improbable scène d’amour dans la boue, non seulement elle est ridicule, mais cela a déjà été fait en 2013, avec James Thiérrée dans Mes séances de lutte ! La seule qualité, si l’on peut dire, de ce film, est de ne durer que soixante-dix-sept minutes.

En bref : inutile de se déranger.Haut de la page

Luciérnagas

Lundi 10 février 2020

Réalisé par Bani Khoshnoudi

Sorti au Mexique (Fstival de Morelia) le 21 octobre 2018

Sorti en France le 22 janvier 2020

Quel dommage que ce film, très correctement réalisé et interprété, n’ait rien de mieux à raconter que les mésaventures ennuyeuses d’un homosexuel iranien ayant embarqué sur un navire porte-containers et qui, en voulant émigrer en Grèce ou en Turquie, aboutit mystérieusement au Mexique – exactement, à Veracruz, port d’une laideur absolu. Il se retrouve alors en pays hispanisant dont il ne connaît pas la langue, tente difficilement d’apprendre un peu d’espagnol grâce à la concierge de son hôtel, grosse fille serviable et enjouée, et communique tout aussi difficilement par Skype avec son petit ami resté au pays natal. Là, il aura une courte aventure avec un de ses semblables, essaiera d’en entamer une autre avec un copain – ce qui lui vaudra une raclée –, et l’épilogue se bornera à décrire un bal populaire qui ne conclut rien, puisque le film s’arrête là.

La réalisation est l’œuvre d’une femme, qui n’en est qu’à son deuxième long-métrage. Souhaitons-lui de se trouver un bon scénariste !

En bref : à voir à la rigueur.Haut de la page

Parasite

Lundi 10 février 2020

Réalisé par Joon-ho Bong

Sorti en France (Festival de Cannes) le 21 mai 2019

Sorti en France 5 juin 2019

Je n’avais pas vu ce film lors de sa sortie en France, mais comme il vient de collectionner les Oscars, j’ai eu la curiosité de le voir, et ne l’ai pas regretté, car je me suis beaucoup amusé. Le réalisateur avait déjà donné quelques films intéressants, comme Mother, Okja ou Snowpiercer, et produit un ratage complet avec The host.

Ici, on déroule les péripéties d’une escroquerie majeure, commise par une famille pauvre mais arnaqueuse, les Kim, qui trouve le moyen de s’introduire chez une famille riche mais naïve, les Park – très naïve, et qu’on ne plaint jamais, à une réserve près dont je parle plus loin. Beaucoup de spectateurs y ont vu une sorte de remake d’Affreux, sales et méchants, film d’Ettore Scola sorti en 1976. À cette différence près, que ces arnaqueurs sont intelligents ! On rit beaucoup, mais...

Hélas, vingt minutes avant la fin de l’histoire on bascule dans une tuerie très sanglante, au point de penser qu’on assiste à un autre film qui raconte tout autre chose, et je me permets de penser que c’était une erreur.

Néanmoins, les acteurs jouent bien et sont beaux, la réalisation technique est absolument parfaite, et les péripéties sont du niveau britannique. Mais je ne crois pas du tout que les intentions de l’auteur-réalisateur étaient de faire un film social décrivant l’affrontement des riches et des pauvres : les trois quarts du film relèvent de la comédie cynique.

Mystérieusement, il a été annoncé que le film ressortirait en noir et blanc à partir du 19 février prochain. Mais le fait d’avoir décroché un Oscar après une Palme d’Or va sans doute modifier ce projet idiot, présenté comme « plus réaliste ».

En bref : à voir absolument.Haut de la page

#JeSuisLà

Jeudi 13 février 2020

Réalisé par Éric Lartigau

Sorti en Corée du Sud (Festival de Busan) en octobre 2019

Sorti en France 5 février 2020

Film qui commence en France, au Pays Basque, et continue dans... l’aéroport de Séoul, en Corée du Sud, sans qu’on voie en quoi ce déplacement était nécessaire. Bref, le personnage principal ne parvient pas à sortir de cet aéroport, ce qui rappelle fâcheusement un film de Spielberg, bien meilleur et surtout plus ambitieux.

Alain Chabat est de tous les plans, et fait ce qu’il peut, mais, avec un scénario aussi mince, il réussit à ennuyer le spectateur, surtout avec toutes ces scènes sur ce qui s’échange par l’intermédiaire d’un téléphone mobile, et qui n’a aucun intérêt. Faute de mieux, le public assiste ébahi à une visite d’un aéroport coréen, auprès duquel nos aéroports d’Orly et de Roissy font pâle figure.

Prétexte fourni par le réalisateur : « Ce que Stéphane recherche, c’est lui-même ». Ben voyons.

En bref : à voir à la rigueur.Haut de la page

La fille au bracelet

Lundi 17 février 2020

Réalisé par Stéphane Demoustier

Sorti en Suisse (Festival de Locarno) le 8 août 2019

Sorti en France 12 février 2020

Un film de procès, comme on en fait peu en France, et qui tire son originalité du fait que le public ne saura jamais si l’accusée, une fille de dix-huit ans, a vraiment tué à coups de couteau une camarade de classe. Elle est acquittée par le tribunal, mais au bénéfice du doute, et seul le dernier plan semble révéler qu’elle était vraiment coupable. Mais c’est trop tard, l’affaire ayant été jugée, et la justice française ne reconnaît jamais ses erreurs !

L’histoire est racontée très sobrement, tous les acteurs sont efficaces, et l’on ne s’ennuie pas un seul instant.

En bref : à voir.Haut de la page

La cravate

Mercredi 18 février 2020

Réalisé par Étienne Chaillou et Mathias Théry

Sorti en France 5 février 2020

C’est un documentaire bizarre, construit autour du personnage principal, Bastien Régnier, entré au Front National avant que ce parti se rebaptise autrement pour tenter de faire oublier le racisme grossier de Jean-Marie Le Pen. On y voit tous les personnages réels de ce parti, Marine Le Pen, Florian Philipot, et même cet acteur, Franck de La Personne, totalement discrédité aujourd’hui dans sa profession : il avait d’abord soutenu Jean-Luc Mélenchon !

Il faut dire que Bastien est censé lire un texte imprimé que les deux réalisateurs ont écrit avant le tournage, qui raconte sa vie de militant, laquelle est évoquée par des séquences filmées, et qu’une voix anonyme commente le tout. Ce travail relève de la sociologie, mais il laisse perplexe le public !

En bref : à voir à la rigueur.Haut de la page

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Sites associés :    Yves-André Samère a son bloc-notes 122 films racontés

Dernière mise à jour de cette page le mardi 8 septembre 2020.