Œuvres citées (entre parenthèses, autres que des films) : Le seigneur des anneaux – Les rivières pourpres 2 – Deux en un – L’esquive – Dom Juan – La prophétie des grenouilles – Les triplettes de Belleville – Peter Pan – Violence des échanges en milieu tempéré – Ressources humaines – Les amateurs – Psychose – Orange mécanique – Il faut sauver le soldat Ryan – Dead or alive – Hanzaisha – The fog of war – RRRrrr !!! – Uzak – Massacre à la tronçonneuse – Signes – Sansa
Personnes citées : Alain Delon – Georges Pompidou – Charles De Gaulle – Raymond Barre – Jack Lang – Jean-Marie Le Pen – Yves Montand – François Mitterrand – Jacques Chirac – Gilles Teissier – Bobby Farrelly – Peter Farrelly – Cher – Lorànt Deutsch – Fabrice Luchini – Jamel Debbouze – Jalil Lespert – Michel Serrault – Christian Clavier – Molière – Laurent Lucas – Alfred Hitchcock – Steven Spielberg – Catherine Breillat – Robert McNamara – John Kennedy – Lyndon Johnson – Night Shyamalan – Luc Besson – Lee Ermey – Roschdy Zem – Ivry Gitlis – Jacques Chancel – Michael Moore
Delon n’est pas vraiment un sympathisant du Front National. Il a été ami avec tous les hommes de pouvoir, ça oui.
Il était ami avec Pompidou quand Pompidou était Premier ministre. Pompidou l’a lâché quand il a eu de graves ennuis à cause de Delon. Il a été assez gaulliste pour acheter aux enchères le texte de la déclaration de De Gaulle à la radio de Londres, et l’a offerte à je ne sais plus quelle organisation. Il a été ami de Barre quand Barre était Premier ministre. Il a été ami de Jack Lang quand Jack Lang était ministre. Etc. Bref, Delon est pour Delon, voilà tout.
En ce qui concerne Le Pen, c’était une amitié personnelle, pas politique, mais beaucoup de gens, pas seulement Delon, se sont fait des illusions sur Le Pen. Je crois qu’Yves Montand himself a dit qu’il ne croyait pas que Le Pen était un facho. Bien sûr, il se gourait lourdement. Mais combien de gens (quelques dizaines de millions, je crois) se sont trompés sur Mitterrand ?

Je déteste la neige, que je soupçonne de racisme (ben oui, elle est d’une blancheur « ostensible », comme dirait Chirac). Je déteste les bonshommes de neige, qui contiennent en général des cadavres de gens assassinés dans des auberges rouges. Et je déteste les luges, qui ne sont bonnes qu’à être brûlées, surtout si elles s’appellent Rosebud.

Trois heures et demie à voir des gens qui se chicornent, sans même la présence d’une fille pour jouer les Madelons et panser les blessures, ça fait envie... Dire que des gens sans goût, comme votre serviteur, vont voir des films qui montrent un type mesurant 1,34 mètre, légèrement neurasthénique, héritant d’une gare désaffectée, et qui va prendre goût à la vie parce qu’il s’est fait des amis dans un bled perdu ! Ça devrait être interdit. Vivement Les rivières pourpres 2 !
Bon, allez, j’avoue : je n’ai pas vu le film.

Deux en un n’a rien à voir avec la chronique de la futilité et des gadgets idiots faite par Gilles Teissier sur France Inter (mais pourquoi on confie toujours à des homos ces chroniques à la con ?) ; ce film – des fameux frères Farrelly – raconte l’histoire de deux frères siamois, reliés par la hanche, et on ne peut plus dissemblables. C’est très pratique quand on veut faire de la boxe en amateur, car l’adversaire, avec ses deux seuls poings, se fait envoyer au tapis par les quatre poings qu’il doit affronter, mais moins pratique quand l’un des deux frères veut être comédien et que l’autre, non seulement n’aime pas ça, mais souffre d’un trac affreux.
Toutes les blagues sur les siamois y passent. La plus politiquement correcte : le téléphone sonne, l’un des frères décroche. L’autre : « Si c’est pour moi, je ne suis pas là ». La plus salée : l’un des frères saute une fille (derrière un rideau, tout de même), pendant que l’autre écrit une lettre. Le premier, voulant varier les plaisirs : « Ça ne te gêne pas d’écrire à genoux ? »
Cher joue le rôle de Cher, et apparaît comme une vraie peau de vache qui se tape des gamins. Complètement maso !
Le film est très sympathique et ne se moque pas des handicapés. Ne croyez pas la critique défavorable du « Canard Enchaîné », qui se plante comme d’habitude.

On croit souvent que Jamel Debbouze et Fabrice Luchini sont les rois de la tchatche. Mais, à côté de Lorànt Deutsch, ils font figure d’autistes ! Ce type est très marrant, très sympathique et très intelligent. J’irai voir son film demain. En plus, il joue avec Jalil Lespert (qu’on n’invite jamais dans les émissions, je me demande pourquoi : il est tout de même meilleur comédien que Serrault et Clavier, merde !).

La plupart des critiques ont dit du bien de L’esquive. En effet, ce film est très original. Mais je mettrai deux bémols : d’abord, c’est filmé à l’économie, son direct et caméra portée, avec trop de gros plans, comme si les corps n’avaient aucune importance. Ensuite, les scènes de chamailleries entre filles m’ont paru un peu longuettes, d’autant plus qu’elles se font dans un langage incompréhensible. Ces scènes-là sont aussi ennuyeuses que la dispute en patois dans le Dom Juan de Molière.
Et puis, la scène des flics est un peu caricaturale et superflue.

Si on aime les dessins animés, il y a deux écoles : l’école étatsunienne, dominée par Disney (intérêt artistique très faible, idéologie débilitante), et l’école européenne. Laissons de côté les Japonais...http://www.radiofrance-podcast.net/podcast/10048-06.11.2006-ITEMA_20045128-0.mp3
Les francophones, Français, Canadiens et Belges, avaient récemment produit Les triplettes de Belleville, presque un chef-d’œuvre, qui a triomphé auprès du public – pas si bête, parfois, le public. Plus récemment, il y a eu La prophétie des grenouilles, qui, hélas, est passé un peu inaperçu auprès du même public – quel con, le public ! Dommage, car il est excellent. Le film. Pas le public.http://www.radiofrance-podcast.net/podcast/10048-06.11.2006-ITEMA_20045128-0.mp3
C’est l’histoire d’un petit groupe d’êtres humains qui échappent au déluge prévu par les grenouilles, et qui se retrouvent sur une sorte d’arche de Noé ; en fait, une maison en forme de phare flottant sur un pneu de tracteur. Il n’y manque même pas la révolte des animaux carnivores, en manque de viande, conduite par un traître un peu particulier, une tortue tripode mâle qui tente de se faire passer pour une femelle. Autour de l’arche, comme dans Peter Pan, les crocodiles guettent leur pitance...
Happy end inattendu, après la baisse des eaux : les autres Terriens ne sont pas au courant du déluge qui vient d’avoir lieu !
Rien de politiquement correct, et les enfants peuvent emmener leurs parents.

La plupart des critiques ont écrit que Violence des échanges en milieu tempéré (quel titre idiot !), sur le même sujet, ne valait pas Ressources humaines. C’est bien mon avis. Pour deux raisons.
D’abord, le film se disperse en nous racontant, parallèlement au conflit professionnel qui est au centre du récit, une histoire d’amour (ratée) vécue par le jeune anti-héros, ce dont le spectateur se fout éperdument. Ensuite, l’affrontement et les états d’âme du gars s’expriment surtout par des conversations entre lui et le méchant de l’histoire, joué par Laurent Lucas, le sale type cynique qui profite de la situation, personnage vachement original, comme vous imaginez.
Dans Ressources humaines, le conflit débouchait sur un affrontement entre père et fils, qui en venaient chacun à mépriser l’autre : le père, parce que son fils abandonnait tout net son ascension sociale et donc « déshonorait la famille », le fils, parce qu’il était écœuré de la passivité de son paternel, victime désignée et consentante du patronat. C’était autrement plus profond et plus fort.

C’est en traînant les pieds qu’on va voir Les amateurs. Mais, finalement, on n’est pas trop déçu, parce que c’est encore un film sur l’exclusion sociale, comme L’esquive, sur le mode comique cette fois. Ici, l’exclusion est fondée sur le manque d’instruction dont souffrent les deux garçons, l’un, arabo-français, Jamel, dit « JP » (quel beau surnom !), l’autre, hongrois, Christophe. Cette lacune les transforme en véritables charlots, qui se font jeter par toutes les filles. Il est vrai qu’ils ont le malheur de tomber amoureux d’étudiantes qui ne leur conviennent absolument pas, et ça aide à se prendre des râteaux. L’avantage pour le spectateur, c’est qu’on n’a aucune scène d’amour à se taper. Reposant !
Quoique, tout de même, faire jouer par Jalil Lespert un type qui n’a aucun succès avec les filles, c’est un peu fort ! On y croit malgré tout, mais c’est parce qu’il est le meilleur comédien de sa génération.

Qu’un réalisateur ait des regrets d’avoir vu son film raccourci et nous balance, des années après, une nouvelle version baptisée « director’s cut », on veut bien. Mais que des studios, plus de vingt ans après la mort d’un réalisateur, se permettent de modifier son film dans un sens moralisateur et politiquement correct, c’est un peu fort. On n’est jamais allé aussi loin dans l’ignominie commerçante que la Warner, dont « Le Canard Enchaîné » de la semaine dernière nous a appris qu’elle avait tailladé dans Psychose, le film d’Hitchcock, jugé par elle « trop violent » (sic, et on se demande ce qu’elle va faire avec Orange mécanique). De sorte que les trois coups de couteau que « la mère » administre au détective Arbogast ont été réduits à un seul !
Je propose que la demi-heure qui ouvre le film de Spielberg, Il faut sauver le soldat Ryan, soit remplacée par un tournoi de badminton sur une plage normande, ce sera plus clean, plus cool, et on pourra voir le film en famille.

Hosanna ! Nous ne sommes qu’au 19 janvier, et on connaît déjà le film le plus con de l’année ! Naturellement, il est japonais. Ça s’intitule Hanzaisha, mais Dead or alive en « français », et ça date de 1999. Violence, scatologie, gore, surnaturel et histoire incompréhensible font le cocktail idéal pour grimper sur le podium. En passant, Sarkozy n’avait pas tort de dire que Tôkyô est une ville hideuse. Les rues sont davantage surchargées d’enseignes bariolées qu’un coureur cycliste de logos publicitaires.


La mère Breillat n’a jamais fait autre chose que des films à la fois chiants et vomitifs. Cette mégère hait l’amour en général et les hommes en particulier. L’étonnant est qu’elle trouve de l’argent pour faire ses films. Vous savez quoi ? Je lui souhaite un mari musulman !

Je signale à tous ceux qui sont intéressés par l’Histoire que le film The fog of war est à voir, plutôt que la bouse annuelle de la mère Breillat. C’est une longue confession de Robert McNamara, qui était ministre de la Défense au temps de Kennedy et de Johnson, et qui révèle ce qu’il sait sur la guerre du Vietnam, sur les fusées soviétiques à Cuba, et sur bien d’autres épisodes encore. On n’y va pas dans le même esprit que pour RRRrrr !!!, mais on apprend davantage.

J’ai craqué devant Uzak, encensé par Le masque et la plume, dont les critiques sont sûrement très sincères, la question n’est pas là. Mais franchement, je me suis fait suer longuement. Rien d’agréable sur quoi poser la vue, ni les personnages, ni le décor, on est cerné à tout instant par la laideur. Eh oui, Istanbul sous la neige, c’est la ville la plus moche du monde, on a la nostalgie de Béthune. Ne disons rien de l’intrigue, et je rigole rien qu’à écrire ce mot. Ça donne presque envie d’aller voir les Robins des Bois.

Mon avis sur Signes ne s’écartait pas beaucoup de l’opinion générale, puisque le film s’est offert un joli bide. Le petit Shyamalan devrait laisser tomber le fantastique. Mais il faut croire qu’il s’y accroche, puisque son prochain chef-d’œuvre sera de la même veine. On va finir par le traiter comme Besson.
En fait, j’aime assez les films qui parlent d’autre chose, sous couvert de traiter de sujets populaires, qu’on croirait simplistes. C’est bien le cas de Massacre à la tronçonneuse. Il traduit certainement un ras-le-bol de la médiocrité qui ravage leur pays chez les cinéastes yankees d’aujourd’hui. Ce qui frappe le plus, c’est le contraste entre les propos tenus et ce qu’on voit. Un exemple : lorsque la jeune fille veut entrer dans la maison Hewitt pour téléphoner, le vieillard sans jambes lui lance « Essuie-toi les pieds, j’aime avoir une maison propre ! ». Or tout est absolument dégueulasse à l’intérieur, on y voit même des cochons en liberté ! Et je vous recommande le flic joué par Lee Ermey, parlant de morale et torturant ces affreux jeunes délinquants qui ont laissé traîner un joint dans leur véhicule...

Il ne faut pas faire confiance au « Canard Enchaîné » pour ses jugements sur les films. Il fait l’éloge de Sansa, qui est l’un des films les plus ennuyeux que j’aie vu depuis longtemps. Roschdy Zem, bien que sans un sou, réussit à faire le tour du monde en avion, sautant de la France à l’Espagne, puis l’Italie, puis la Russie, puis l’Inde, puis le Japon, puis le Maroc, et enfin l’Égypte. Comme par hasard, il rencontre presque chaque fois le violoniste Ivry Gitlis, qui fait son numéro d’humaniste sans frontières, à la longue un peu agaçant, surtout quand son pote Jacques Chancel n’est pas là pour la touche comique.
La palme de l’ennui va à la séquence indienne : on y filme longuement des CENTAINES de visages qui fixent la caméra sans dire un mot, et ça dure des plombes ! Message de l’auteur : l’Inde est pauvre mais vachement pleine d’êtres humains.
Zem est sympathique. Chaque fois qu’il pointe son nez quelque part, policiers ou soldats lui demandent ses papiers et tentent de l’humilier, mais il leur oppose toujours un mot gentil ou une plaisanterie. C’est la méthode Michael Moore !


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Dernière mise à jour de cette page le samedi 29 novembre 2008.