JPM - Films - Notules - Novembre 2002

Notules - Novembre 2002

 

Plus courtes que les critiques, les notules traitent d’un ou plusieurs films, ou de sujets d’actualité en rapport avec le cinéma. Jusqu’en septembre 2004, elles provenaient de divers forums aujourd’hui disparus. Par la suite, elles s’en affranchissent et sont rédigées directement ici.

Œuvres citées (entre parenthèses, autres que des films) : A.I.Strass – Full metal jacket – Star wars – Lolita – Orange mécanique – 2001 : l’Odyssée de l’espaceTen – Le pianisteThe pianistDérapages incontrôlésChanging lanesChangement de voieJay et Bob contre-attaquentJay and Silent Bob strike back – Dawson – Clerks – Bloody sunday – DemonloverInsomniaPour un garçonAbout a boyL’homme sans passéMies vailla menneisyyttä – Les parapluies de Cherbourg – Les demoiselles de Rochefort – All or nothing Meurs un autre jourDie another dayRoger et moiDrownings by numbersLa vie de JésusHeavenFriendsLe sourire de ma mèreL’ora di religione: Il sorriso di mia madre

Personnes citées : Steven Spielberg – Vincent Lannoo – Stanley Kubrick – Roman Polanski – Roger Michell – Kevin Smith – Ben Affleck – Matt Damon – Carrie Fisher – Mark Hamill – Wes Craven – Gus Van Sant – Alanis Morissette – James Van Der Beek – Isabelle Adjani – Margaret Thatcher – Olivier Assayas – Christopher Nolan – Robin Williams – Paul Weitz – Chris Weitz – Hugh Grant – Aki Kaurismäki – Bruce Willis – Jean-Paul Grousset – Jennifer Aniston – Alfred Hitchcock – Howard Hawks – Nicolas Boileau – Mike Leigh – Ken Loach – Lee Tamahori – Michael Moore – Roger Smith – Charlton Heston – Peter Greenaway – Bruno Dumont – Blandine Kriegel – Nicolas Sarkozy – Cate Blanchett – Giovanni Ribisi – Marco Bellocchio

Sur A.I.

Jeudi 2 novembre 2002

Pour avoir eu l’idée saugrenue de relire ce que j’avais écrit sur A.I., le film de Spielberg (il faut vraiment n’avoir rien à faire !), il m’est venu la réflexion que les écologistes nous roulaient parfois dans la farine. En effet, le point de départ de ce film, c’est que les calottes glaciaires ont fondu, et que le niveau de la mer s’est élevé à un point tel que certaines villes ont été noyées. Est-ce que vous croyez que c’est vraiment possible ? Pas moi !

Haut de la page

Strass

Vendredi 3 novembre 2002

Réalisé par Vincent Lannoo

Sorti en Allemagne (Festival de Mannheim) le 8 novembre 2001

Sorti en France le 14 août 2002

La situation des petits pays est différente de celle des pays riches, et si les Belges peuvent faire de bons films, c’est pour la même raison qui fait que la meilleure publicité vient des pays scandinaves : le manque d’argent ! Quand on a un marché réduit et donc peu d’argent, on doit pallier cela par l’imagination et l’inventivité. Les pubs scandinaves, en général, n’ont pas d’effets spéciaux ou numériques, elles ne comportent qu’un seul plan, avec le plus souvent deux acteurs, et un seul gag. Mais elles sont efficaces.

Pour les films belges, c’est pareil : Strass a été filmé selon la charte Dogma (pas de décors construits, pas d’éclairage d’appoint, le son enregistré sur place, pas de musique, pas de trucages, etc.), ce qui rend le tournage bon marché. Avec de telles contraintes, il faut faire preuve d’intelligence pour intéresser le public.

Le cas des Anglais est un peu différent, car ils ont davantage d’argent. Il se trouve aussi que l’industrie du cinéma n’est pas embryonnaire, et qu’ils possèdent les studios les plus modernes du monde. Rappelons que tous les films récents de Kubrick ont été faits à Londres (y compris les scènes vietnamiennes de Full metal jacket), de même que Star wars. Ça n’empêche pas qu’il existe en Angleterre de fortes personnalités capables de concevoir de bons films. Deux ou trois, pas plus. Mais surtout, le système anglais est moins strict que le système hollywoodien, qui est totalement paralysé par les syndicats (j’écris bien « moins strict », mais ce n’est qu’une question de degré). Le comble de l’absurdité est à Hollywood, où l’on ne PEUT PAS faire un « petit » film avec une équipe réduite, car les lois syndicales obligent la production à engager des équipes pléthoriques, même si elles ne servent à rien. Pour cela, il faut travailler en dehors des studios. C’est ainsi que Kubrick, encore lui, filmait lui-même certaines de ses scènes, mais il n’avait pas le droit d’indiquer sa fonction de caméraman au générique de ses films, PUISQUE son travail était d’être réalisateur ! Stupide...

Ce système donne des tournages très lourds, très coûteux, et il faut rentabiliser si on ne veut pas se ruiner. Donc, aux États-Unis, le cinéma ne prend aucun risque et suit les bonnes vieilles recettes.

Revers du bâton : les Canadiens ont compris, et de plus en plus de films états-uniens se tournent à Toronto, où les lois des États-Unis ne s’appliquent pas. Pareil pour la télé. Regardez les génériques de fin, ils sont instructifs.

En bref : à voir.Haut de la page

Studios en Europe

Vendredi 3 novembre 2002

[Question d’un internaute « Si les Anglais possèdent des ressources budgétaires élevées et si leurs studios sont “les plus modernes du monde”, alors pourquoi certains films sont produits par des compagnies américaines ? »]

 

Réponse : le commerce est libre. Qu’est-ce qui empêche un producteur hollywoodien de louer un studio à Londres pour y tourner un film ? Personne n’est obligé de travailler dans son pays exclusivement. Les Yankees tournent des tas de films au Maroc, et les Français en Tunisie ou en Europe de l’Est.

Beaucoup de films coûtent trop cher pour être produits par une seule société. La plupart sont coproduits, et peu importe la nationalité des producteurs, qui ne sont pas forcément du même pays.

Cela dit, le public croit avoir affaire à un film anglais, sur la foi d’un générique (avec réalisateur anglais, acteurs anglais, etc.), mais ce n’est qu’une apparence. Après tout, le public ne lit pas le dossier de presse. Or les films prennent la nationalité de la société qui les produit. Si le financement d’un film vient EXCLUSIVEMENT de maisons de production anglaises, il sera légalement anglais, mais c’est ultra-rare. S’il est financé en partie par de l’argent états-unien, il est anglo-états-unien.

Mais ce n’est pas ça qui compte, c’est l’auteur. Pour en revenir à Kubrick, tous ses films sont réalisés à Londres depuis Lolita, mais produits depuis Orange mécanique par la Warner, donc ils sont légalement états-uniens (auparavant, 2001 aussi, réalisé à Londres, mais produit par MGM).

Voilà la raison pour laquelle je parle de Ten comme d’un film iranien, alors qu’il est financé par de l’argent français. Tous les films africains également.

Ne pas oublier non plus qu’une très grosse part du cinéma mondial, y compris les films fabriqués à Hollywood, est coproduit par Canal Plus. Tous ces films sont ainsi franco-quelque chose. Cocorico !

Haut de la page

Le pianiste

Samedi 4 novembre 2002

Réalisé par Roman Polanski

Titre original : The pianist

Sorti en France (Festival de Cannes) le 24 mai 2002

Sorti en France le 25 septembre 2002

Les films de Polanski m’ont toujours ennuyé, et celui-là ne diffère pas des autres. Deux heures et demie quasiment sans dialogues.

En bref : à voir à la rigueur.Haut de la page

Dérapages incontrôlés

Mercredi 8 novembre 2002

Réalisé par Roger Michell

Titre original : Changing lanes

Sorti aux États-Unis le 7 avril 2002

Sorti en France le 6 novembre 2002

Titre inadéquat. Les Canadiens ont traduit correctement par Changement de voie. Parce que leurs voitures se sont accrochées et que ça les a mis en retard de vingt minutes, chacun à un rendez-vous important, deux types ont leur vie saccagée, et se font la guerre. Ce serait plus crédible si les scénaristes n’avaient pas chargé la barque, et on finit par être un peu dérouté. Mais on ne s’ennuie pas.

En bref : à voir à la rigueur.Haut de la page

Jay et Bob contre-attaquent

Mercredi 8 novembre 2002

Réalisé par Kevin Smith

Titre original : Jay and Silent Bob strike back

Sorti au Canada le 22 août 2002

Sorti en France le 6 novembre 2002

Ça vous dirait de voir un film avec Ben Affleck, Matt Damon, Carrie Fisher (la princesse Leia), Mark Hamill (Luke Skywalker), les metteurs en scène Wes Craven et Gus Van Sant, Alanis Morissette, James Van Der Beek (Dawson) ; un film dont personne ne parle, horriblement vulgaire et bourré de blagues de pédés ? Oui, bien sûr. Je me suis marré comme une baleine, et je n’étais pas le seul. Si vous avez vu Clerks, ce sont les mêmes personnages. C’est si drôle que ça devrait être interdit par l’Église. La mère Adjani devrait jouer dans des films de ce genre, au lieu de nous refaire éternellement le même rôle de femme amoureuse d’un homme qui ne l’aime pas.

En bref : à voir.Haut de la page

Sur Bloody sunday

Jeudi 9 novembre 2002

[À une internaute qui avait écrit que Bloody sunday était un documentaire :]

 

Ce n’est pas un documentaire. C’est une reconstitution, jouée par des acteurs. Cela posé, elle montre tout de même l’une des rares tares du régime britannique : le poids d’une opinion publique formée par les journaux à scandale, qui permet de faire passer l’Irlandais de base pour un terroriste. Madame Thatcher a beaucoup joué là-dessus.

Haut de la page

Demonlover

Mardi 14 novembre 2002

Réalisé par Olivier Assayas

Sorti en France (Festival de Cannes) le 19 mai 2002

Sorti en France le 6 novembre 2002

Demonlover, une merde, confuse et sans intérêt.

En bref : inutile de se déranger.Haut de la page

Insomnia

Mardi 14 novembre 2002

Réalisé par Christopher Nolan

Sorti aux États-Unis (Festival de Tribeca) le 3 mai 2002

Sorti en France le 6 novembre 2002

Insomnia, la première heure est bonne. Al Pacino est un policier de Los Angeles qui enquête sur un meurtre en Alaska. À cause de l’été arctique et de la luminosité qui ne cesse jamais, il a des insomnies, d’où le titre. Malheureusement, au bout de cette première heure, ça m’a fait l’effet contraire, et j’ai plutôt sommeillé. Je crois que l’histoire devient inintéressante à partir du moment où l’assassin Robin Williams entre en scène. Le film se termine dans la banalité.

En bref : à voir à la rigueur.Haut de la page

Pour un garçon

Mardi 14 novembre 2002

Réalisé par Paul Weitz et Chris Weitz

Titre original : About a boy

Sorti au Royaume-Uni le 26 avril 2002

Sorti en France le 12 novembre 2002

Pour un garçon, avec Hugh Grant. Sympathique, mais sans plus. Le gosse de douze ans n’est pas très bon, et les filles sont peu attirantes. Bien sûr, une fin très morale, où le dragueur patenté devient un Homme Responsable (je ris !).

En bref : à voir à la rigueur.Haut de la page

L’homme sans passé

Mercredi 15 novembre 2002

Réalisé par Aki Kaurismäki

Titre original : Mies vailla menneisyyttä

Sorti en Finlande le 1er mars 2002

Sorti en France le 6 novembre 2002

L’homme sans passé peut être vu. Attention, c’est assez sinistre au début. On ne commence à rigoler (un peu) que plus tard. Pardon, je n’ai rien trouvé avec Bruce Willis.

En bref : à voir.Haut de la page

Critiquer

Mercredi 15 novembre 2002

[À un ami satisfait de mes critiques :]

 

Merci de cette appréciation. Elle tombe pile sur ce qui m’intéresse le plus : ne pas faire ce que d’autres ont fait avant moi. Sinon, ça n’aurait aucun intérêt, et je risquerais le plagiat inconscient... qui est très loin de ma mentalité. Par ailleurs, je suis tout à fait conscient de ne jamais écrire deux articles qui se ressemblent ; mais là, j’ai été influencé a contrario par Jean-Paul Grousset, du « Canard enchaîné », qui fait toujours la même critique depuis quarante ans au moins, avec exactement les mêmes mots. C’est assez comique. Je conseille à tous de vérifier !

Replacer le film dans son contexte culturel, je trouve que c’est bien le moins qu’on puisse faire si on veut intéresser les lecteurs à autre chose que, disons, la coiffure de madame Pitt (à propos, comment va-t-elle ? Sa grossesse se passe bien ?). Étant assez partisan de la notion inventée par « Les Cahiers du Cinéma » à propos d’Hitchcock et d’Howard Hawks, le « film d’auteur », je constate par la pratique que ce n’est pas un mythe, et qu’il existe des correspondances d’un film à l’autre chez un même réalisateur, et d’un auteur à un autre au sein de la même école.

Et puis, il se trouve que les films dont je parle sont ceux qui me passionnent et que je connais assez bien. Ce qui simplifie la tâche, un certain Boileau l’avait dit avant nous. On ne peut parler que de ce qu’on connaît bien, et j’aurais du mal à écrire sur le rap ou la réparation des radiateurs.

Haut de la page

Guerre d’Algérie

Jeudi 16 novembre 2002

[À une amie qui préfère Les parapluies de Cherbourg :]

 

J’aime bien Les parapluies de Cherbourg, mais je redoute tout ce qui est triste, car je n’ai pas besoin de ça, et j’ai horreur de tout ce qui évoque la guerre d’Algérie. Quand il y a une émission sur l’Algérie à la télé, je ne regarde jamais.

Et puis, Les demoiselles de Rochefort est le seul et unique film français du genre.

Haut de la page

All or nothing

Lundi 20 novembre 2002

Réalisé par Mike Leigh

Sorti en France (Festival de Cannes) le 17 mai 2002

Sorti en France le 13 novembre 2002

Mais qu’est-ce qui m’a pris d’aller voir All or nothing ? Je le savais pourtant bien, que Mike Leigh fait des films misérabilistes. Bien sûr, Ken Loach aussi raconte des histoires pas forcément drôles, mais lui sait y mettre un peu d’humour et de distance. Alors qu’ici, tout est sinistre, sans nuances. Si la salle de cinéma n’avait pas été située dans une zone piétonne, je me serais jeté sous un bus en sortant.

En bref : inutile de se déranger.Haut de la page

Meurs un autre jour

Mardi 21 novembre 2002

Réalisé par Lee Tamahori

Titre original : Die another day

Sorti au Royaume-Uni le 17 mai 2002

Sorti en France le 18 novembre 2002

Vu le dernier James Bond, Meurs un autre jour. Comme d’habitude, bagarres, explosions, poursuites, gadgets, filles en bikini, méchants communistes. Mais ça n’est pas hypocrite, la couleur est annoncée d’emblée. Et puis, après le film d’hier, j’avais besoin de changer d’air. Bref, ça ne m’a pas déplu.

En bref : à voir à la rigueur.Haut de la page

Roger et moi

Jeudi 23 novembre 2002

Réalisé par Michael Moore

Titre original : Roger and me

Sorti aux États-Unis (Festival de Telluride) le 1er septembre 1989

Sorti en France le 21 mars 1990

Je viens de voir, dans une salle comble, un film ancien de Michael Moore, Roger et moi. Cette fois, la cible, c’est le licenciement économique. Le Roger en question est Roger Smith, patron de General Motors. Cette firme a construit ses premières usines à Flint, ville natale de Moore. Puis, parce que certains modèles de bagnoles ne se vendaient plus, on y a fermé les usines et licencié 18 000 ouvriers, entraînant en cascade la paupérisation de la population et les expulsions de domicile. Ce faux naïf de Moore décide donc de rencontrer Smith pour lui demander de l’accompagner à Flint, afin de voir un peu les dégâts. Mais c’est plus difficile que pour Charlton Heston, et il se fait jeter de partout. Ça lui prend toute la durée du film... et trois ans dans la vraie vie. Il finit par croiser Roger, un soir de Noël, dans une fête publique où le grossium prononce un discours lénifiant sur la joie qui va avec cette fête à neuneus (et, en parallèle sur le discours, il montre une expulsion de pauvres gens, qui se retrouvent sur le trottoir avec leurs frusques). Smith n’accepte de prononcer que deux phrases où il dit en substance que tout ça ne le regarde pas et que General Motors n’y peut rien.

Il fut un temps où l’on disait que « Tout ce qui est bon pour General Motors est bon pour les États-Unis ». Il faut croire que mettre au chômage des dizaines de milliers de travailleurs (et délocaliser la production dans des pays où on paye les ouvriers avec des clopinettes) est bon pour les États-Unis.

Ce Michael Moore est un mauvais patriote.

En bref : à voir.Haut de la page

Drownings by numbers

Samedi 25 novembre 2002

Réalisé par Peter Greenaway

Sorti au Canada (Festival de Toronto) le 18 septembre 1988

Sorti en France le 5 octobre 1988

Dans ce film, trois filles portant le même prénom – Cissie –, la mère, la grand-mère et la fille, noient leurs compagnons respectifs. À la fin, elles noient aussi le coroner qui enquête sur ces morts. Mais le film comporte également un jeu du réalisateur, consistant à faire apparaître les nombres de 1 à 100 dans les endroits les plus saugrenus de l’image, tout au long de l’histoire. Comme le spectateur lui-même était noyé sous les nombres, j’avais pensé à traduire le titre par « Noyade sous les nombres ». Inutile de me dire que by ne signifie pas sous !

En bref : à voir.Haut de la page

La vie de Jésus

Dimanche 26 novembre 2002

Réalisé par Bruno Dumont

Sorti en France le 4 juin 1997

Messieurs les non-censeurs, bonsoir ! Si Blandine Kriegel et Nicolas Sarkozy ont regardé Paris-Première hier soir, ils doivent actuellement être entrés en cure pour dépression nerveuse. La chaîne a passé à 20 heures 50 un film français où l’on voyait en gros plan une bite en érection entrer dans les voies non impénétrables d’une fille à la toison rousse. Et le gros plan n’avait rien d’elliptique ni de fugitif ! Le plus marrant, c’est que s’il restait des cathos un peu naïfs, il ne doit plus y en avoir à l’heure actuelle, car ils sont tous morts de saisissement : en effet, le film s’intitulait La vie de Jésus ! Tu parles d’un cours de catéchisme !...

En bref : à voir à la rigueur.Haut de la page

Heaven

Dimanche 26 novembre 2002

Réalisé par Tom Tykwer

Sorti en Allemagne (Festival de Berlin) le 8 février 2002

Sorti en France le 20 novembre 2002

Heaven, c’est plutôt bien. Cate Blanchett – qui n’est pas la chèvre de monsieur Séguin – est une Anglaise qui enseigne sa langue à Turin. Son mari et une de ses élèves sont morts à cause de la drogue que vend un industriel pourri. Comme la police ne répond pas à ses plaintes, elle décide de le tuer en posant une bombe dans son bureau, mais la bombe tue quatre autres personnes, et pas la cible visée. On arrête la fille, prise pour une terroriste. Seul, un jeune carabinier croit à son histoire (Giovanni Ribisi, qui jouait le demi-frère de Phoebe dans Friends). Il l’aide à s’évader et s’enfuit avec elle. À la fin, les carabiniers les retrouvent, mais ils volent un hélicoptère et s’envolent, et c’est la seule scène que je n’aime pas (lourde métaphore de l’appareil qui monte si haut qu’on ne le voit plus, avec message de l’auteur : les bons montent au paradis). La caméra est toujours idéalement placée et bouge comme il faut, les acteurs sont corrects, l’Italie est toujours le plus beau pays du monde, et il n’y a aucune esbrouffe.

En bref : à voir.Haut de la page

Le sourire de ma mère

Lundi 27 novembre 2002

Réalisé par Marco Bellocchio

Titre original : L’ora di religione: Il sorriso di mia madre

Sorti en Italie le 19 avril 2002

Sorti en France le 20 novembre 2002

Marco Bellocchio est un ancien cinéaste gauchiste. Sujet de son film : le Vatican, qui fabrique des saints à tour de bras, veut canoniser une femme. Elle a eu cinq fils, l’un devenu révolutionnaire, le deuxième, évêque, le troisième, dessinateur (et athée), le quatrième, fou et qui l’a assassinée, et le cinquième, qui aurait été miraculé en invoquant le nom de la défunte. Bref, du côté du scénario, on a furieusement chargé la barque. Normalement, ça aurait dû m’intéresser de voir les magouilles vaticanesques (qui va jusqu’à mettre une fille dans le lit de l’athée pour qu’il témoigne bien), mais en fait, j’ai roupillé la moitié du temps tellement c’est caricatural. Déception. Mais quand fera-t-on un film anticlérical ET intelligent ?

En bref : inutile de se déranger.Haut de la page

Courrier Plan du site

Sites associés :    Yves-André Samère a son bloc-notes 125 films racontés

Dernière mise à jour de cette page le lundi 5 octobre 2015.