JPM - Films vus - Notules -  Février 2014

Notules - Février 2014

 

Plus courtes que les critiques, les notules traitent d’un ou plusieurs films, ou de sujets d’actualité en rapport avec le cinéma. Jusqu’en septembre 2004, elles provenaient de divers forums aujourd’hui disparus. Par la suite, elles s’en affranchissent et sont rédigées directement ici.

Œuvres citées (en italiques, autres que des films) : The master – Minuscule - La vallée des fourmis perdues – The artist – Psychose – Beaucoup de bruit pour rienMuch ado about nothing – Romeo + Juliet – La mégère apprivoisée – Roméo et Juliette – Paranormal activity – La voleuse de livresThe book thiefDownton AbbeyC’est eux les chiens – Kundun – Goltzius et la Compagnie du PélicanGoltzius and the Pelikan CompanyIdaLes contes de la Lune vague après la pluieUgetsu monogatari – Rashômon – Barberousse – HipótesisTesis sobre un homicidio – Citizen Kane – BethléemLes grandes ondes (à l’ouest) – Un autre homme – Comme des voleurs (à l’est) – Concerto en faPorgy and BessRhapsody in Blue – Les lettres de mon moulin – Le curé de CucugnanUn beau dimanche – Le sens de l’humour – Mea culpaLettre d’une inconnueLetter from an unknown womanUn Sospiro

Personnes citées : Philip Seymour Hoffmann – River Phoenix – Thomas Szabo – Hélène Giraud – Isabelle Huppert – Joss Whedon – William Shakespeare – Baz Luhrmann – Brian Percival – Hicham Lasri – Jean-François Julliard – Peter Greenaway – Federico Fellini – Lars (von) Trier – Pascal Plissonneau – Pawel Pawlikowski – Jérôme Garcin – Wolfgang Mozart – Kenji Mizoguchi – Akinari Ueda – Guy de Maupassant – Akira Kurosawa – Hirokazu Kore-Eda – Hernán Goldfrid – Ricardo Darín – Yuval Adler – Sorj Chalandon – Lionel Baier – Francisco Belard – George Gershwin – Nicole Garcia – Jacques Feschi – Laurent Cantet – Marilyne Canto – Alfred Hitchcock – Fred Cavayé – Max Ophüls – Daniele Amphiteatrof – Franz Liszt – Joan Fontaine – Olivia de Havilland

Philip Seymour Hoffmann

Lundi 3 Février 2014

Saleté de drogue ! Cette fois, c’est Philip Seymour Hoffmann, l’un des meilleurs acteurs états-uniens, qui meurt hier, après une prise d’héroïne, dit-on. Ce n’est pas aux Français que cela arriverait.

La précédente fois, bien qu’elle ne date pas d’aujourd’hui mais de 1991, c’était River Phoenix qui y laissait sa vie, quoique avec une autre drogue, si mes renseignements sont exacts. Les deux ne se ressemblaient en rien, sinon par le talent.

On devrait prêter Sarkozy aux États-Unis, il ferait sûrement une loi pour empêcher les artistes les plus doués de jouer avec leur existence. Pour ma part, je comprends mal comment on peut courir après les paradis artificiels quand on a du talent, et qu’il est reconnu par tout le monde. C’est si difficile, d’être tout simplement heureux d’avoir du succès ?

Hoffmann réussissait magnifiquement dans les rôles les plus variés, bien que son dernier, dans The master, il y a un an, n’ait pas été à la hauteur. On ne voit pas du tout qui pourrait le remplacer.

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Minuscule - La vallée des fourmis perdues

Lundi 3 février 2014

Réalisé par Hélène Giraud et Thomas Szabo

Sorti en Estonie le 17 novembre 2013

Sorti en France le 29 janvier 2014

Plus de deux ans après The artist, enfin un film sans le moindre dialogue, puisque les personnages principaux sont des coccinelles et des fourmis, les unes noires, les autres rouges. Tout ce petit monde s’exprime donc par onomatopées, ce qui nous épargne les « Tu t’rappelles DE ça ? » d’Isabelle Huppert du côté français, et les trois cents ou quatre cents fuck et fucking des films de langue anglaise.

Incrustés dans des paysages ruraux filmés normalement, ces personnages en images de synthèse, séparés en deux armées rivales, se disputent donc le contenu d’une boîte de sucre roux, abandonnée par deux pique-niqueurs. C’est presque épique, ingénieux, réjouissant, dénué du lamentable anthropomorphisme disneyien, et... court ! Est-ce pour cela que nous n’étions que deux spectateurs à voir le film dans une salle de quatre cents places ? Mais ailleurs et un autre jour, il fera un triomphe, et mérité.

Les cinéphiles repèreront peut-être et apprécieront les diverses références cinématographiques insérées ça et là. Celle que j’ai préférée, c’est l’intrusion de la maison de Psychose, avec le mouvement de grue s’élevant au-dessus du palier, devant la chambre de la mère. Bien sûr, les enfants auxquels le film est destiné ne remarqueront rien, mais leurs parents, peut-être.

En bref : à voir.Haut de la page

Beaucoup de bruit pour rien

Mercredi 5 janvier 2014

Réalisé par Joss Whedon

Sorti au Canada (Festival de Toronto) le 8 septembre 2012

Sorti en France le 29 janvier 2014

Après la version, bien meilleure, de Kenneth Branagh en 1993, voici, sorties la même année 2012, deux versions de la pièce de Shakespeare, celle de Jeremy Herrin en costumes, et celle de Joss Whedon, modernisée (voitures, costumes du vingt-et-unième siècle, pistolet, smartphone), dont il est question ici. J’ai vu celle de Branagh, très classique, fine, amusante et portée par des vedettes connues, et celle-ci, sans doute la pire (je n’ai pas vue celle de Herrin, qui n’est sortie qu’en Australie, en Nouvelle-Zélande, aux États-Unis et au Royaume-Uni, donc dans des pays anglophones exclusivement).

Whedon est le dernier réalisateur capable de mettre Shakespeare en scène, car il est de ces prétentieux qui s’estiment capables de « dépoussiérer » les classiques, ce qui procure, dès le premier plan, le malaise inévitable : le langage des personnages ne correspond en rien à ce qu’on voit sur l’écran ; et, du coup, c’est ce dialogue qui en paraît faux. La même erreur avait été faite en 1996 par Baz Luhrmann, avec son stupide Romeo + Juliet, et je l’avais signalée.

Les acteurs, tous inconnus, sont bons, mais on a peine à s’intéresser à cette histoire, d’autant plus qu’on la connaît déjà : deux personnages qui affirment se détester mais dont on devine qu’ils vont s’aimer à la fin, comme dans La mégère apprivoisée, avec une fausse mort comme dans Roméo et Juliette. Cela se passe à Messine, mais le film a été tourné à... Santa Barbara, en Californie, en douze jours, et dans la maison du réalisateur, comme pour le premier épisode de Paranormal activity !

Notons cette absurdité inexplicable : le personnage de Conrad est devenue une fille, mais s’appelle toujours Conrad. Un effet de la théorie des genres ?

En bref : inutile de se déranger.Haut de la page

La voleuse de livres

Jeudi 6 février 2014

Réalisé par Brian Percival

Titre original : The book thief

Sorti aux États-Unis (Festival de Mill Valley) le 3 octobre 2013

Sorti en France le 5 février 2014

On ne comprend pas tout de suite que le narrateur de cette histoire est la Mort elle-même. Peu importe, c’est un détail mineur. Plus gênant est le fait que tout se passe en Allemagne nazie, mais que les personnages ne parlent qu’anglais.

Bref, c’est l’histoire de Liesel, très jeune fille qui, ayant perdu sa famille, est envoyée dans une famille d’adoption sans enfants. L’homme est d’une bonté parfaite, son épouse est extrêmement bourrue et passe son temps à houspiller tout le monde, mais va se révéler une brave femme, compatissante et charitable. Liesel, qui a aussi son caractère, s’impose très vite à l’école en cassant la figure d’un garçon qui la provoquait, ce qui lui vaut immédiatement l’amitié d’un charmant garçon blond, Rudy, qui a tout du parfait aryen, mais qui déteste Hitler : son idole, c’est Jesse Owens, ce coureur qui avait gagné quatre médailles d’or aux Jeux Olympiques de Berlin en 1936, au grand dépit, dit-on, du Führer, lequel s’était éclipsé du stade sans serrer la main d’aucun lauréat. Anecdote douteuse, contredite par le sportif lui-même.

Au début, Liesel ne sait pas lire, mais son père adoptif lui enseigne ce qui lui manque, et Max, un jeune réfugié juif que la famille a caché dans sa cave, va compléter cette éducation ; en retour, Liesel l’approvisionne en livres, qu’elle « emprunte », dit-elle, dans la bibliothèque du bourgmestre, dont l’épouse s’est prise d’amitié, elle aussi, pour la jeune fille.

La fin est triste, comme il convient : Rudy, blessé dans un bombardement, meurt sans avoir eu le temps de dire à Liesel qu’il l’aime, et elle n’a pas non plus le temps de lui donner le baiser qu’il réclamait depuis le début de leur amitié. Plus tard, Max, qu’on croyait mort, revient et la soutient de la sienne, et, partie aux États-Unis, elle devient un écrivain à succès.

Le réalisateur vient de la télévision, il a tourné six épisodes de Downton Abbey, et c’est son deuxième film de cinéma, tandis que la musique est du grand John Williams. Si le film était un peu plus court (il dure deux heures et onze minutes), ce serait parfait.

En bref : à voir.Haut de la page

C’est eux les chiens

Vendredi 7 février 2014

Réalisé par Hicham Lasri

Sorti en France (Festival de Cannes) le 19 mai 2013

Sorti en France le 5 février 2014

Le réalisateur, dont c’est le deuxième long métrage, tente de donner à son film un supplément d’intérêt en racontant qu’il a voulu « recréer un Ulysse moderne qui revient au monde pour reconquérir sa femme, ses enfants et sa vie » et en faire « le personnage principal d’une ode à la mémoire ». Mais la comparaison est loin d’être évidente, et on assiste plutôt aux errances d’un prisonnier, libéré après trente ans de détention pour une broutille (avoir participé aux manifestations surnommées « émeutes du pain », en 1981, à Casablanca), le personnage, complètement déboussolé et ignorant tout des changements survenus entre-temps, errant ça et là dans les quartiers pauvres où sa famille aurait pu s’installer depuis lors, et ne lâchant jamais un stabilisateur pour vélo d’enfant qu’il avait acheté pour son fils le jour de son arrestation. Bref, il est un peu zinzin. Il est suivi pas à pas par une équipe de télévision, cynique et opportuniste, qui a trouvé cette occasion de taper sur le régime de Hassan II, mort depuis presque quinze ans – de son vivant, sa télévision ne lui adressait que des louanges, évidemment.

Le film, qui ne dure qu’une heure et vingt-cinq minutes, paraît long, car il ne se passe pas grand-chose, et il faut attendre la dernière séquence pour que l’histoire se corse un peu : Mahjoul retrouve sa seconde épouse, qui le reprendrait volontiers, mais il veut renouer d’abord avec la première, et surtout avec son fils, dont il sait seulement qu’il est devenu... champion cycliste. Mais sa femme est très malade, et son fils, qui l’accuse de les avoir abandonnés, le met à la porte. Mahjoul pourrait faire témoigner sa femme, qui sait la vérité, mais il n’y pense même pas, et le film s’arrête là.

Sans doute pour éviter les ennuis, on n’a filmé, hormis la première séquence qui se passe place des Nations-Unies, devant la Préfecture (celle que Scorsese avait utilisée dans Kundun pour figurer le palais de Mao à Pékin !), que dans des quartiers anonymes, Ancienne Médina, quartier résidentiels modestes voire misérables, et on ne voit strictement rien d’autre de Casablanca. Frustrant. De plus et malheureusement, tout est pris à la caméra portée d’un bout à l’autre du récit, puisque ce road movie urbain est censé avoir été filmé par l’équipe de télévision – dont le cadreur n’est pas très habile. C’est rapidement pénible.

Le film n’est sorti qu’en France, dans une dizaine de salles de la région parisienne uniquement, après être passé par deux ou trois festivals. Il n’a pas été montré au Maroc, et ce n’est pas étonnant.

 

*

 

Rions un peu avec « Le Canard enchaîné ». Le rédacteur qui a rendu compte du film, Jean-François Julliard, mentionne que les émeutes du pain ont eu lieu à Casablanca en 1983 et 1984, alors qu’à plusieurs reprises, dans le film, il est dit que c’était bien en 1981. D’ailleurs, cette histoire est racontée en 2011, et on précise également que Mahjoul a passé trente ans en prison : la soustraction est facile à faire.

L’article de Julliard a-t-il été victime d’une coquille, une faute d’impression ? Non, puisqu’il mentionne DEUX dates alors qu’il n’y en a eu qu’une. Seule hypothèse possible, ce rédacteur consciencieux n’a pas vu le film, ou il s’est endormi, ou il n’a pas lu le dossier de presse, et il s’est contenté de taper « émeutes du pain » dans Google. Or TOUS les articles vers lesquels pointaient les liens, dans la première page de résultats de Google, concernaient... la Tunisie, et parlaient comme par hasard de 1983 et 1984 ! Bof, Marocains, Tunisiens, ce ne sont pas des gens comme nous...

Moralité : il faut apprendre à chercher.

En bref : à voir à la rigueur.Haut de la page

Goltzius et la Compagnie du Pélican

Lundi 10 février 2014

Réalisé par Peter Greenaway

Titre original : Goltzius and the Pelikan Company

Sorti aux Pays-Bas le 30 septembre 2012

Sorti en France le 5 février 2014

 

On reconnaît immédiatement le style de Greenaway : symétrie des décors, lents mouvements d’appareil (jamais en caméra portée, car Greenaway est un artiste), somptuosité des images, forte attirance pour la peinture – spécialement flamande –, dialogues très écrits et très littéraires, goût de déranger les habitudes du spectateur bourgeois, costumes d’époque, et... abondance de personnage nus, surtout masculins (alors qu’il est, pense-t-on, aussi hétérosexuel que Fellini, bien que divorcé et séparé de sa famille depuis 1999). Ici, il y a surabondance, car il traite de l’érotisme dans la Bible, sur l’Ancien Testament, balayé en cinq épisodes, alors que le Nouveau Testament n’est visité que via la décapitation de Jean le Baptiste.

Hendrik Goltzius a existé (1588-1617), il était peintre et graveur d’œuvres érotiques, bien que paralysé de la main droite, effectivement très porté, à la fois sur les sujets religieux et sur les images de nus, et son talent ainsi que son penchant pour la mystification l’ont rendu célèbre. Dans le film, ayant besoin d’argent, il promet au margrave d’Alsace un livre qu’il composerait sur six histoires de la Bible, richement illustrées : les aventures sexuelles d’Adam et Ève, de Loth et ses filles, de David et Bethsabée, de Samson et Dalila, de Joseph et la femme de Potiphar, de Salomé et Jean le Baptiste, et lui en donne un avant-goût en faisant jouer ces histoires sur un théâtre improvisé, ses aides faisant office d’acteurs.

Le film dérange pas mal de spectateurs, qui s’ennuient, ou se scandalisent vu le nombre de scènes où les acteurs jouent nus, et quittent la salle. Pour ma part, j’ai retrouvé le Greenaway que j’appréciais tant, bien plus audacieux que ce charlatan de Lars (von) Trier. Lui, au moins, est plus inventif, plus cultivé, et technicien hors pair.

*

Ineptie et inculture du faiseur de sous-titres, ici, un certain Pascal Plissonneau. Lorsque Salomé dit au roi “Release John the Baptist”, on lui fait dire en français « Relâche Saint Jean-Baptiste ! » (avec une majuscule à saint). Il y avait donc des saints dans la religion juive, et on pouvait être canonisé... avant de mourir ?

J’ai envoyé un message au sous-titreur en question. Il m’a répondu en se défaussant sur de prétendus « correcteurs » qui modifieraient les textes a posteriori. Il existerait donc AUSSI des gens payés pour ajouter des bourdes dans des sous-titres initialement irréprochables ? Joli bobard ! De toute façon, celui qui signe au générique est responsable, et il doit assumer. Dans le monde du cinéma, si quelqu’un veut désavouer ce qu’on a fait de son travail, il retire sa signature (aux États-Unis, le réalisateur mécontent signe alors Alan Smithee, qui serait l’anagramme de The alias men !).

En bref : à voir.Haut de la page

Ida

Mercredi 12 février 2014

Réalisé par Pawel Pawlikowski

Sorti en Pologne le 11 septembre 2013

Sorti en France le 12 février 2014

On le sait pourtant bien, que la plupart des films polonais sont lugubres, voire sinistres. Sans tomber complètement dans ce travers, celui-ci, néanmoins et par souci d’austérité, montre un esprit de sérieux poussé à son paroxysme. Nous sommes donc en Pologne, dans les années 60, et le personnage central est une jeune fille, Anna, née pendant la Deuxième guerre mondiale, qui se destine à devenir religieuse, mais n’a pas encore prononcé ses vœux. La supérieure de son couvent lui ordonne d’aller d’abord rendre visite à sa tante, qu’elle ne connaît pas et qui n’a jamais pu ou voulu venir la voir. Or cette tante n’est pas n’importe qui, c’est un procureur, qui a envoyé à la mort pas mal de coupables d’opposition au communisme. Anna voudrait retrouver la trace de ses parents, qui sont morts, dont on ne sait où ils sont enterrés, et que les deux femmes vont s’efforcer de retrouver. Bien entendu, au bout de la recherche, il y a un de ces « lourds secrets » sans quoi on ne serait pas dans un film, et la tante, déjà très solitaire et dont l’existence est manifestement ratée, se suicide en sautant par la fenêtre.

Le réalisateur et sa co-scénariste corsent cet argument en ménageant une rencontre de la jeune fille, qui est plutôt jolie, avec un jeune homme avenant, Lis, joueur de saxophone, et qui tombe amoureux d’elle. Il lui propose le mariage, sur le thème « Nous aurons une maison, des enfants, puis plus tard des problèmes ». Ce programme est si alléchant qu’après une nuit d’essai, et le musicien ayant peut-être manqué de virtuosité, Anna remet ses vêtements de religieuse et s’enfuit pour regagner son couvent.

Comme on dit souvent, le film est « minimaliste » : en noir et blanc, écran au format ancien 4/3 – les experts en mathématiques comme Jérôme Garcin disent « format carré », rions – , et il n’y a aucune autre musique que celle qu’écoutent les personnages, du Mozart le plus souvent. On remarque également une curieuse manière de composer les cadrages, puisque, souvent, le visage des personnages figure tout au bas de l’écran, parfois même coupé, laissant un vaste espace vide au-dessus – cela doit signifier quelque chose, mais j’ignore quoi.

Le résultat n’est pas déshonorant, surtout parce que l’actrice, qui est une débutante (et athée !) se montre crédible. Ce n’est pas si courant.

En bref : à voir.Haut de la page

Les contes de la Lune vague après la pluie

Jeudi 13 février 2014

Réalisé par Kenji Mizoguchi

Titre original : Ugetsu monogatari

Sorti au Japon le 26 mars 1953

Sorti en France en 1959

Ressorti en France le 8 janvier 2014

De ce classique, on annnonce une « version restaurée », mais elle ne l’est guère, l’image est peu piquée, parfois légèrement parasitée par des rayures.

Il faut convenir que, si ce film est universellement admiré, considéré comme un classique, et le plus accompli de son auteur, qui est lui-même une gloire internationale, il n’en est pas moins difficile à suivre, pour la même raison que Rashômon : on a du mal à distinguer les personnages, leur comportement nous échappe largement, et nous ne savons pas grand-chose de l’histoire du Japon au seizième siècle. Bref, au centre de ce récit, deux paysans, un potier et son voisin un peu zinzin. Le premier a pu vendre ses pots à une princesse du voisinage, qui veut l’épouser, ignorant qu’il est déjà marié. Il accepte, et cela va tourner mal, sinon il n’y aurait pas de film. Quant au second, qui rêvait absurdement de devenir samouraï, il va l’être un temps, après avoir coupé la tête d’un ennemi du seigneur local. Mais, à la fin, les deux hommes rentrent chez eux, alors que leur village a été pillé.

On nous dit que Mizoguchi était obsédé par la déchéance des femmes causée par les hommes, ce qui est très possible, mais n’est pas apparent ici. À ma grande honte, je confesse que ce type de film m’ennuie à mourir. Certes, la photographie en noir et blanc est belle, et les éléments sont parfaitement mis en place dans le cadre, mais la meilleure technique de mise en scène ne sert à rien quand le scénario vous ennuie, quand bien même le fait de mêler en une seule histoire quatre contes différents – deux de Akinari Ueda, auteur du dix-huitième siècle, et deux de Maupassant – ait pu être un exploit. Quant au titre, qui signifie en japonais « Contes du clair de Lune et de la pluie », il est incompréhensible et sans rapport avec le sujet. Je préfère de beaucoup les films japonais plus proches de notre époque, comme Barberousse, œuvre sublime de Kurosawa sur un grand médecin exigeant et sévère, ou les films contemporains de Kore-Eda.

En bref : reprise. À voir si on est amateur.Haut de la page

Hipótesis

Vendredi 14 février 2014

Réalisé par Hernán Goldfrid

Titre original : Tesis sobre un homicidio

Sorti en Argentine le 17 janvier 2013

Sorti en France le 12 février 2014

Les distributeurs français ont attribué à ce film argentin un titre espagnol, un mot que les Français ne savent pas prononcer, alors que le titre original signifie « Thèse sur un homicide ». Une hypothèse n’est pas une thèse...

Roberto Bermúdez, que joue l’excellent Ricardo Darín, et qui enseigne le droit pénal, s’est persuadé qu’un de ses étudiants, Ricardo, qu’il a connu enfant, vient d’assassiner une jeune fille sur le parking de la faculté – sans s’expliquer comment il a fait, puisque, au moment du crime, le garçon assistait précisément à un de ses cours ! Il faut dire que le professeur n’a aucune sympathie pour l’étudiant, qu’il juge arrogant et pas assez conforme à la morale courante. Vite obsédé, il mène une enquête, et se convainc que Ricardo va également assassiner la sœur de la victime... qu’il lui a présentée. Mais, autour de lui, personne ne le croit.

Apparemment, donc, les soupçons n’étaient pas fondés, et le professeur était détraqué. Néanmoins, conformément aux trucs scénaristiques habituels, l’avant-dernière séquence montre justement que l’étudiant, ayant volé chez son professeur un poignard qui lui a été offert, s’apprête à l’utiliser pour tuer la fille au cours d’une fête entre étudiants. Le justicier amateur l’en empêche et lui flanque une telle correction que le garçon finit à l’hôpital, alors que la police réfute toutes les présomptions qu’on avait contre lui. Moralité : la vérité ne sera pas connue, et surtout, justice ne sera pas faite, ce qui est précisément le thème du film.

Le plan final est une référence à l’épilogue de Citizen Kane : le poignard que la police n’a pas retrouvé est vu en train de se consumer dans une chaudière, où l’ont sans doute jeté les employés du nettoyage, après la bagarre dans la boîte de nuit. L’auteur du scénario a peut-être estimé que c’était une bonne idée, or elle déçoit, et le film, autant. Dommage, il était bien réalisé et bien interprété.

En bref : à voir à la rigueur.Haut de la page

Bethléem

Mercredi 19 février 2014

Réalisé par Yuval Adler

Titre original : Bethlehem

Sorti en Italie (Festival de Venise) le 28 août 2013

Sorti en Israël le 26 septembre 2013

Sorti en France le 19 février 2014

Le nom de cette localité où la légende place la naissance de Jésus (pas certain, il existe dans la région deux endroits portant ce nom) s’écrit en réalité « Bet Lehem » – ou « Beth Lehem », toujours en deux mots. Celle du film se trouve dans la banlieue sud de Jérusalem, où vit le personnage principal, Sanfur, un jeune Palestinien de 17 ans. Deux ans auparavant, parce que son père avait été arrêté, il avait reçu une proposition d’un agent isrélien, Razi : nous relâchons ton père si tu travailles pour nous en fournissant des renseignements sur les terroristes. Ruse classique, et les Israéliens n’ignoraient pas que le frère de Sanjur, prénommé Ibrahim, était précidément un activiste de la résistance, au sein des Brigades d’Al-Aqsa. Mais Razi est très protecteur – voir la note en bas de cet article –, et joue les pères auprès de sa recrue.

Cependant, la pression est trop forte, et Sanfur, refusant de continuer le jeu de la trahison, ne veut plus voir Razi. Or, apprenant que les Israéliens vont démolir la maison de son père, il se fait fort d’intervenir, sans dire comment. De leur côté, les gens du Hamas, qui ont découvert son activité clandestine, le poussent à renouer avec Razi, mais pour l’abattre, son frère Ibrahim ayant, entre-temps, été tué : il importe donc de le venger, et, si possible, de mourir « en martyr » (on a volontiers cette étrange obsession, là-bas).

Sanfur donne rendez-vous par téléphone à Razi, hésite un instant puis, lorsque Razi lui ordonne de retourner chez les gens du Hamas, il lui loge six balles dans le corps et l’achève avec une grosse pierre.

Un peu lent, le film montre une grande tension, et il est réalisé efficacement. L’interprète de Sanfur, toujours présent à l’image, déploie une grande énergie. Quant aux complications des bisbilles entre les différentes factions du terrorisme palestinien, qui vont jusqu’à se disputer le corps d’un terroriste tué, si elle nous échappent un peu, elles sont du moins exposées avec honnêteté. Comme toujours dans le cinéma de ce pays, il ne prend pas vraiment parti pour la politique israélienne, mais ne la critique pas non plus. Le film est le premier de son réalisateur, et s’appuie sur une documentation sérieuse, recueillie auprès de vrais combattants palestiniens, ceux du Hamas comme ceux des Brigades d’Al-Aqsa... par un Israélien.

 

*

 

La chose passe inaperçue des spectateurs, mais Razi, à cinq reprises, donne à Sanjur du habibi. Et, par quatre fois, les sous-titres, mauvais comme toujours (ils abondent en « bosser » et en « amener l’argent »), traduisent ce mot par « Mon petit ». C’est radicalement inexact, ce mot signifie « Mon chéri » ou « Mon amour », sans aucune ambigüité. J’ai trouvé cela un peu curieux, alors qu’il n’existe aucune trace d’homosexualité dans cette histoire.

Naturellement, au « Canard enchaîné » où Sorj Chalandon est le seul qui comprenne l’arabe, le rédacteur Jean-François Julliard, encore lui (!), qui s’est chargé de la critique du film, s’est fié aux sous-titres et a rapporté la mauvaise traduction. Je le lui ai fait savoir, et il m’a immédiatement remercié.

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Veiller au cadre

Mercredi 19 février 2014

Si je critique de temps en temps ces mises en scène faites avec une caméra portée sur l’épaule du cadreur, ce n’est pas pour le simple plaisir de critiquer, mais pour une très bonne raison : tous les réalisateurs de génie avaient le souci du cadre, et c’est impossible à faire avec un cadreur qui gesticule, filme le moindre tressaillement des acteurs, et produit une image instable. Je pourrais donner des dizaines d’exemples, pris chez des cinéastes comme Hitchcock, Welles, Jerry Lewis, Visconti, Jacques Tati, et des tas d’autres, qui connaissaient leur métier et en ont établi la syntaxe, laquelle ne s’est jamais démodée.

Comme rien ne vaut un exemple, en voici un, tiré d’un film de Tati, son avant-dernier – et guère apprécié, mais c’est peu important –, Trafic. À la fin du film, monsieur Hulot fait par curiosité un tour dans le grand hall d’Amsterdam où vient de se terminer l’exposition automobile qui est le prétexte de l’histoire. Il s’arrête devant une voiture blanche, une DAF, l’examine un moment, puis se décide à s’installer derrière le volant. Et, au moment où il claque la portière, la voiture, déséquilibrée, se renverse, et il se retrouve la tête en bas : ce n’était qu’une moitié de voiture, destinée à bien montrer l’intérieur aux visiteurs. Or on ne découvre cette bizarrerie qu’à ce moment. Le spectateur du film a donc été dupé par une illusion que Tati a créée. Comment a-t-il dissimulé que la voiture n’avait pas de côté droit ? Voyez ces deux photos du gag, avant et après le claquage de portière :

 

Trafic 1 Trafic 2

 

Vous ne voyez pas bien ? Remarquez, en prenant quelques points de repère sur les bords, que la caméra n’a pas du tout bougé, ce qui serait infaisable en caméra portée. Examinez ensuite le détail que j’entoure d’un ovale rouge, ci-dessous : dans la première photo, on croit qu’il y a là le frère jumeau du montant qui sépare les deux portières, près de Hulot, mais situé de l’autre côté de la voiture. Or, dans la seconde photo, on comprend qu’en fait, c’était l’encadrement d’une fenêtre ménagée dans la cloison au fond du hall, et qu’on voit parfaitement à présent.

 

Trafic 1 bis Trafic 2 bis

 

Et maintenant, imaginez que la caméra n’ait pas été positionnée rigoureusement à cet endroit, mais à quelques centimètres, ou qu’on l’ait déplacée pendant la scène : l’illusion ne tenait plus, et le gag tombait à plat !

Mais Tati était un génie, et il comprenait l’importance de ce genre de détail.

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Les grandes ondes (à l’ouest)

Vendredi 21 février 2014

Réalisé par Lionel Baier

Sorti en Suisse (Festival de Locarno) le 11 août 2013

Sorti en France le 12 février 2014

Je connaissais Lionel Baier, cinéaste suisse, homosexuel et fils de pasteur, par son film Un autre homme, qui parlait déjà de journalisme à la radio, en 2008. Et le titre du présent film fait pendant à celui d’un autre de ses films, Comme des voleurs (à l’est), sorti en 2006, qui se passait en Pologne, et que je n’ai pas vu.

En avril 1974, deux journalistes de la radio suisse romande sont envoyés au Portugal, afin de réaliser un reportage sur la – parcimonieuse – coopération suisse avec ce pays : ce sont Cauvin, vieux routard du reportage, plusieurs fois blessé, qui perd la mémoire et croit savoir la langue du pays, alors qu’il l’a apprise au Brésil ; et Julie, une femme du genre à brûler son soutien-gorge pour protester contre la tyrannie de ces mâles qu’il serait temps d’émasculer enfin. Sur place, ils retrouveront Bob, vieux technicien qui vit dans son combi Volkswagen où il a tout son matériel. Ils recruteront aussi Pelé, un jeune Portugais qui n’a pas encore dix-huit ans et qui parle le français, langue apprise en regardant avec passion les films de Pagnol. Pelé rêve d’un autre avenir que celui offert par son pays (partir en Angola pour y faire la guerre), et préfèrerait devenir acteur pour Pagnol, auquel il écrit une lettre en espérant être embauché, ignorant alors que Pagnol n’a plus rien réalisé au cinéma depuis... 1954 avec Les lettres de mon moulin (et 1968 pour la télé, avec Le curé de Cucugnan), et surtout, qu’il est mort quelques jours plus tôt, le 18 avril !

 

Les grandes ondes

 

Or cette fine équipe, que certains ont comparé au trio des Pieds Nickelés (c’est exagéré), ne recueille comme informations que des interviews sans intérêt, dont celle d’un patron très raciste, par conséquent non diffusable. Et elle apprend tardivement, par des journalistes belges, qu’il y a eu au Portugal la fameuse Révolution des œillets du 24 avril, laquelle a renversé le régime dictatorial de Salazar. Tout change, chez les Portugais comme chez les journalistes, impliqués dans une partouze où la différence entre les sexes est abolie, et où Pelé, joué par le sympathique Francisco Belard, perd son innocence. Néanmoins, les échos sonores qu’ils en ont recueillis, mixés par le génial Bob, fourniront une émission tout à fait convenable, et tout le monde sera primé et montera en grade.

Les personnages de cette histoire, qui tranche avec la niaiserie habituelle des films français, ont existé, mais le récit a été agencé en comédie assez délirante, pas du tout nostalgique, pleine d’une joyeuse innocence, inspirée par la commémoration en Tchéquie de la chute du communisme en Allemagne de l’Est – ce que des millions de niais appellent « la chute du Mur de Berlin », comme si sa démolition, à l’instar d’une chute, avait été accidentelle.

Il faut noter que toute la musique accompagnant, et très bien, la plupart des séquences du film, est due à George Gershwin : de nombreux passages du Concerto en fa pour piano, de l’opéra Porgy and bess, et un petit peu de Rhapsody in Blue. C’est une idée kubrickienne d’autant meilleure que cette musique est tombée dans le domaine public et ne coûte rien, néanmoins elle a parfois cet inconvénient... d’être trop bonne, car, alors, on écoute la musique et beaucoup moins les dialogues !

Je ne ferai qu’une restriction : on a inséré un passage dansé, démarqué de la comédie musicale – toujours sur une musique de Gershwin –, et dont l’irruption est saugrenue. On a aussi un peu de mal à croire que les Portugais ont été séduits par le discours en portugais de cuisine qu’ils ont sollicité de Cauvin, au point, n’y ayant rien compris, de le nommer capitaine !

En bref : à voir.Haut de la page

Un beau dimanche

Lundi 24 février 2014

Réalisé par Nicole Garcia

Sorti au Canada (Festival de Toronto) le 8 septembre 2013

Sorti en France le 5 février 2014

Est-ce que, vraiment, un instituteur, dont on apprendra par la suite qu’il a fait des études supérieures au point de pouvoir donner une conférence sur l’astrophysique, pourrait demander à un élève s’il se rappelle DE quelque chose ? Si oui, on comprend la faillite de l’Éducation nationale...

Le point de départ est aussi artificiel que possible : le père de Mathias a oublié de venir le chercher à la sortie de son école. Séparé de sa femme, il ne se rappelait plus qu’il devait prendre l’enfant pour le week-end. Or il doit se rendre à Monaco avec sa maîtresse du moment, pour y vendre une voiture. Baptiste, l’instituteur de Mathias, offre de le prendre en charge, ce que font TOUS les instituteurs de France en pareil cas, et on comprend très vite que la réalisatrice va multiplier les prétextes pour qu’ils restent ensemble pendant plusieurs jours. Et, dès que Mathias a traîné Baptiste sur la plage de Maguelonne où sa mère est serveuse, on n’a aucun mal à deviner que les deux adultes vont avoir une histoire d’amour.

Mais comme la gageure ne saurait être tenue une heure et demie, Nicole Garcia place à mi-parcours son habituel « lourd secret de famille », ainsi que dans tous ses films. Ici, il est révélé que Mathias appartient en fait à une famille très riche, et qu’il a fait un séjour de sept mois dans un asile, pour déséquilibre mental (rendez-vous compte : il a refusé son héritage pour devenir instituteur remplaçant à 1400 euros par mois). Évidemment, il est obligé de revenir dans la famille qu’il avait larguée, afin de réclamer à son frère cinquante mille euros pour les donner à Sandra, laquelle a de gros ennuis avec ses créanciers : elle avait ouvert un fast-food... à Saint-Barth’, gargote qui a fait faillite.

L’argent rempoché, Sandra retourne sur la plage faire la serveuse, et Baptiste... disparaît du film. C’est tout naturel.

Depuis le début, on voit bien que Nicole Garcia est aussi mauvaise scénariste, ici avec Jacques Feschi, que réalisatrice médiocre. Son précédent film, entre Oran et la Côte d’Azur, ne tenait pas debout. Et elle avait massacré un excellent sujet, dont Laurent Cantet, de son côté, avait tiré un remarquable film peu auparavant. Sa seule qualité semble être de savoir recruter des acteurs qualifiés. C’est peu. Mais, comme on dit, elle « a la carte », et nul n’ose écrire les mêmes horreurs que votre serviteur.

En bref : inutile de se déranger.Haut de la page

Le sens de l’humour

Mercredi 26 février 2014

Réalisé par Marilyne Canto

Sorti en Suisse (Festival de Locarno) le 9 août 2013

Sorti en France le 26 février 2014

Un film québécois de 2011 portait déjà ce titre, mais il n’est pas sorti en France, hormis lors d’une projection dans un festival, la Semaine du film québécois, à Paris. Mais rien ne justifie ce titre dans le présent film.

Veuve, Élise gagne sa vie en faisant des conférences pour les touristes au musée du Louvre, et elle vit seule avec son fils, Léo, qui a une dizaine d’années. Elle a aussi un homme dans sa vie, Paul, qui l’aime et qui est bien accepté par l’enfant, mais, alors que Paul est un homme simple et qui se contenterait d’un bonheur tranquille, Élise est une enquiquineuse qui se pose sans arrêt des questions auxquelles il ne saurait pas répondre, et lui fait des scènes pour un oui ou pour un non. Excédé, il finit par la quitter, mais, sans davantage de raisons, ils se remettront ensemble pour la fin du film. Fin du film.

On sent que la scénariste-réalisatrice a voulu faire un film autobiographique, puisqu’il n’y a rien d’autre dans cette histoire, et que, pour partenaire, elle a choisi l’homme avec qui elle vit. Ce n’est pas que le spectateur s’ennuie, mais il se demande pourquoi il devrait s’intéresser à ces personnages qui ne font rien de bien palpitant. Comme disait Hitchcock, « Je ne filme pas une tranche de vie, mais une tranche de gâteau ». Ici, pas de gâteau !

En bref : à voir à la rigueur.Haut de la page

Mea culpa

Jeudi 27 février 2014

Réalisé par Fred Cavayé

Sorti en France et en Belgique le 5 février 2014

À l’origine de ce film, sans doute le désir de faire un de ces redoutables « films de potes » et d’employer deux vedettes masculines rentables – dites « bankables » pour faire branché. L’ennui, c’est que les deux policiers de l’histoire, l’un en activité, l’autre radié, font double emploi, et que le récit ne serait pas pire s’il n’y en avait qu’un ! On aura reconnu le style d’Olivier Marchal, l’un des pires scénaristes français, qui a fourni l’idée.

Outre cette faiblesse scénaristique, la réalisation, très à la mode, est à base d’inutiles gros plans, pris avec une caméra que tenait sans doute un cadreur parkinsonien, le genre de technicien qui ne laisse échapper aucun froncement de sourcil de l’acteur, comme si c’était indispensable.

L’histoire ? Un enfant a surpris un meurtre perpétré par une bande de Russes, et ceux-ci veulent l’abattre pour éliminer un témoin. Son père (le policier radié) et le copain du père vont s’efforcer d’empêcher ça. Bilan : trois séquences de poursuite beaucoup trop longues, et de la castagne comme s’il en pleuvait.

En bref : inutile de se déranger.Haut de la page

Lettre d’une inconnue

Vendredi 28 février 2014

Réalisé par Max Ophüls

Titre original : Letter from an unkown woman

Sorti aux États-Unis le 28 avril 1948

Sorti en France le 5 novembre 1948

Comme j’ai déjà parlé de ce classique dans la section consacrée aux films diffusés à la télévision, il est facile de s’y reporter. Ajoutons simplement que Daniele Amphiteatrof (c’est un homme, il était russe), qui a signé la musique de ce film, a sans scrupules pompé à outrance une composition de Franz Liszt, Un Sospiro, et que le nom du maître n’apparaît nulle part dans les deux génériques.

Et puis, Joan Fontaine, la vedette féminine, est morte tout récemment, le 15 décembre 2013, à l’âge de 96 ans. Elle était la sœur d’Olivia de Havilland, la Melanie d’Autant en emporte le vent, d’un an plus âgée, et qui vit toujours !

En bref : reprise. À voir.Haut de la page

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Sites associés :    Yves-André Samère a son bloc-notes 125 films racontés

Dernière mise à jour de cette page le vendredi 25 septembre 2015.