JPM - Films vus - Notules -  Janvier 2014

Notules - Janvier 2014

 

Plus courtes que les critiques, les notules traitent d’un ou plusieurs films, ou de sujets d’actualité en rapport avec le cinéma. Jusqu’en septembre 2004, elles provenaient de divers forums aujourd’hui disparus. Par la suite, elles s’en affranchissent et sont rédigées directement ici.

Œuvres citées (en italiques, autres que des films) : Drôle de frimousseFunny faceHuis clos – My fair Lady – A touch of sin – Tian Zhu Ding – Tel père, tel filsSoshite chichi ni naru – La vie est un long fleuve tranquille – Still walking – Don JonPhilomenaLa vie rêvée de Walter MittyThe secret life of Walter Mitty – La vie secrète de Walter Mitty – La vie rêvée des anges – Aime et fais ce que tu veuxW imie...R – Hunger – Cellule 211 – Un prophète – Lovelace – Deep throat – Gorge profonde – Ordeal – Inside “Deep Throat” – Piégé – No man’s land – Le pont de la rivière Kwaï – L’arche russe – Les brasiers de la colèreOut of the furnacePour ton anniversaireZum Geburtstag – La tourneuse de page – La nuit de Trappelune – Mes enfants ne sont pas comme les autres – Demain dès l’aube... – Lulu, femme nueLa guerre des boutons (1962) – Du mouron pour les petits oiseaux – Vos gueules les mouettesL’homme aux serpentsLes enfants rouges – Le garçon près de la piscine – Jacky au royaume des filles– Astérix et Obélix au service de Sa Majesté

Personnes citées : Stanley Donen – Audrey Hepburn – Fred Astaire – Jean-Paul Sartre – Michel Auclair – Givenchy – Richard Avedon – George Gershwin – Ira Gershwin – Zhangke Jia – Lanshan Luo – Meng Li – Hirokazu Kore-Eda – Joseph Gordon-Levitt – Jalil Lespert – Stephen Frears – Philomena Lee – Martin Sixsmith – Judi Dench – Steve Coogan – Ben Stiller – James Thurber – Danny Kaye – Malgorzata Szumowska – Tobias Lindholm – Michael Noer – Rob Epstein – Jeffrey Friedman – Linda Boreman – Chuck Traynor – Valéry Giscard d’Estaing – Michel Poniatowski – Sharon Stone – James Franco – Hugh Hefner – Yannick Saillet – Danis Tanovic – Scott Cooper – Casey Affleck – Christian Bale – Denis Dercourt – Manoj Shyamalian – Ruth Rendell – Solveig Anspach – Karin Viard – Yves Robert – Louis Pergaud – Christophe Bourseiller – François Lartigue – Martin Lartigue – Jacques Henri Lartigue – André Treton – Marcel Carné – Robert Dhéry – Danièle Delorme – Éric Flandrin – Franz Kaston Florez – Santiago Amigorena – Henri Jeanson – Jean-Daniel Cadinot – Jérôme Bonnell – René Bonnell – Catherine Siriez – Yves Saint-Laurent – Pierre Bergé – Agnès Jaoui – Jean-Pierre Bacri – Roger Hanin – Jane Birkin – François Hollande – Riad Sattouf – Vincent Lacoste

Drôle de frimousse

Jeudi 2 janvier 2014

Réalisé par Stanley Donen

Titre original : Funny face

Sorti aux États-Unis le 13 février 1957

Ressorti en France le 11 décembre 2013

Une jeune libraire intellectuelle de New York, jouée par Audrey Hepburn, voit sa librairie plutôt vieillote envahie par une équipe d’un magazine de mode, qui veut y faire des photos dans un cadre « original ». Mais le photographe, interprété par Fred Astaire, pense qu’on peut aussi embaucher la jeune femme comme mannequin. Elle résiste, mais il va gagner, l’entraîner à Paris, et ils tomberont bien sûr amoureux, comme on l’a deviné dès la première minute. Intrigue accessoire : elle tient absolument à rencontrer le philosophe Émile Flostre, qui est une caricature de Sartre, et que joue Michel Auclair... qui a joué précisément une pièce de Sartre, Huis clos. La rencontre a lieu, mais Flostre se révèle comme un vulgaire dragueur, ce qui la pousse dans les bras de son photographe.

Fred Astaire danse assez peu, mais Audrey Hepburn réussit à chanter, sans être doublée comme dans My fair Lady. Ses robes sont de Givenchy, et Fred porte le nom transparent d’Avery, en référence à Richard Avedon. Quant aux chansons, elles sont signées des frères Gershwin, qui les avaient écrites pour une comédie musicale de 1927.

Le film est agréable à voir, quoique un peu long et totalement prévisible.

En bref : reprise. À voir.Haut de la page

A touch of sin

Vendredi 3 janvier 2014

Réalisé par Zhangke Jia

Titre original :Tian Zhu Ding

Sorti en France (Festival de Cannes) le 17 mai 2013

Sorti en France le 17 avril 2013

Le générique surprend un peu, car il mêle les noms chinois et japonais. Quand on sait à quel point ces deux peuples se haïssent...

Le film, trop long, est basé sur la violence, et il faut avouer que, dans le premier épisode, elle est à ce point outrancière qu’on se prend à rigoler : Dahai, mineur exaspéré par la corruption des dirigeants de son village, descend tout le monde à coups de fusil. Puis San’er, jeune homme lui aussi exaspéré quoique par tout autre chose – mais on ne saura pas quoi –, expérimente son arme à feu sur les passants. Dans le troisième sketch, on a refusé au mari de Xiaoyu, qui prend le train, d’avoir dans ses bagages un couteau ; il le confie donc à sa femme qui ne voyage pas avec lui, car elle travaille comme réceptionniste dans un sauna. Mais quand des clients croient pouvoir lui acheter ce qu’elle ne veut pas donner, et que l’un d’eux la flagelle... à coups de billets de banque, elle les tue avec le même couteau. Enfin, Xiao Hui, beau jeune homme un peu instable (joué par Lanshan Luo, qu’on aimerait revoir, et qui figure sur la photo ci-dessous avec sa partenaire Meng Li), qui a dû fuir son travail parce qu’il avait blessé involontairement un camarade, ne cesse de changer de travail, et tombe amoureux d’une collègue sans avoir compris qu’elle était déjà mère et se prostituait. Harcelé par sa propre mère qui lui réclame de l’argent – qu’il n’a pas –, il se suicide en se jetant du haut d’une terrasse.

 

Lanshan Luo et Meng Li

 

J’ai le regret de dire que, si les trois premiers épisodes se voient sans ennui, seul le quatrième retient l’attention, car le personnage est humain, et n’a pas le comportement monstrueux des précédents.

Évidemment, le but était de montrer que la Chine se développe, mais mal, car inégalement, et que l’obsession de la croissance économique masque tout le reste ; mais de cela, on commençait à se douter. Est-ce à dire qu’aux plus pauvres, il ne reste d’autre recours que l’action violente ou le suicide ?

En bref : à voir.Haut de la page

Tel père, tel fils

Lundi 6 janvier 2014

Réalisé par Hirokazu Kore-Eda

Titre original : Soshite chichi ni naru

Sorti en France (Festival de Cannes) le 18 mai 2013

Sorti en France le 25 décembre 2013

La comparaison avec La vie est un long fleuve tranquille ne peut pas être évitée, puisque le sujet est exactement le même. Ce qui change, c’est le traitement : le film d’Étienne Chatiliez était une comédie satirique n’épargnant ni les petits bourgeois ni les prolétaires, alors que Kore-Eda ne s’intéresse qu’aux répercussions psychologiques, sur les adultes comme sur les enfants, de cet échange de bébés – très volontaire, dû à une infirmière malheureuse en ménage et qui désire se venger. En fait, on se focalise sur le père aisé, Ryoata, un architecte qui travaille trop et veut transmettre ses idéaux ainsi que son mode de vie à son fils de six ans, Keita. Or ce n’était pas son fils...

Les deux familles font connaissance et ne sympathisent que du côté des deux mères. Et, après bien des discussions, on adopte la pire solution : chaque enfant sera rendu à sa famille biologique et l’on ne se verra plus. Naturellement, cela tourne mal, le petit garçon pauvre qui atterrit chez les riches a tendance à se rebiffer, tandis que l’autre devient maussade – chacun ayant le plus grand mal à supporter le changement de parents !

Finalement, les deux familles se revoient et font un effort, mais le film ne conclut pas, et l’on peut supposer que les compromis vont se multiplier, faute de mieux.

Moralité : ne cherchez pas à réparer les erreurs anciennes, vous aggraverez la situation.

C’est le quatrième film de Kore-Eda que je vois, et s’il est évident que ses thèmes de prédilection, la famille et l’enfance, sont bien présents dans les quatre, je persiste à préférer son Still walking, plus fort, plus nuancé, allant plus loin dans la dramaturgie discrète et les sentiments cachés. Mais c’est ce film-là qui n’avait pas été récompensé dans les « grands » festivals !

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Don Jon

Mardi 7 janvier 2014

Réalisé par Joseph Gordon-Levitt

Sorti aux États-Unis (Festival de Sundance) le 18 janvier 2013

Sorti en France le 25 décembre 2013

L’histoire d’un garçon de moins de trente ans obsédé par les filles, mais surtout par le porno sur Internet. On devine dès la première minute, connaissant le puritanisme du cinéma états-unien, qu’une fille, ou plutôt deux, vont le transformer totalement.

Comme le film est d’une vulgarité, assumée certes, mais pénible, qui fait presque regretter les productions ouvertement potaches que le « grand » public apprécie tant, je préfère poser deux ou trois questions :

- comment un homme peut-il tomber amoureux d’une fille qui ne cesse de mâcher du chewing-gum ?

- pourquoi, chaque fois que Jon jette à la corbeille à papier le kleenex qu’il vient d’utiliser pour ce que vous devinez, ce mouchoir fait-il en tombant un bruit mat et presque métallique ? L’a-t-on acheté chez Arcelormittal ?

- pourquoi le prêtre catholique qui confesse le héros chaque semaine lui inflige-t-il dix Pater et dix Ave pour les dix-sept ou vingt-deux masturbations des jours qui précèdent, mais seulement cinq pour avoir commis l’acte avec la fille dont il est tombé amoureux ?

- comment un dragueur machiste peut-il être séduit par une femme qui pourrait être sa mère ?

On s’ennuie énormément. Joseph Gordon-Levitt est un bon acteur. Il devrait se contenter de cet état, comme Jalil Lespert !

En bref : inutile de se déranger.Haut de la page

Philomena

Jeudi 9 janvier 2014

Réalisé par Stephen Frears

Sorti en Italie (Festival de Venise) le 31 août 2013

Sorti en France le 8 janvier 2014

Stephen Frears, bien qu’il ne soit pas auteur de films, est l’un des meilleurs réalisateurs britanniques. Ce film traite d’évènements réels, et Philomena Lee, son personnage central, ainsi que Martin Sixsmith, l’auteur du livre dont le film est adapté, vivent toujours.

La critique longue est ICI.

En bref : à voir absolument. Haut de la page

La vie rêvée de Walter Mitty

Vendredi 10 janvier 2014

Réalisé par Ben Stiller

Titre original : The secret life of Walter Mitty

Sorti aux États-Unis le 5 octobre 2013

Sorti en France le 1er janvier 2014

Pourquoi l’adjectif secret du titre original, et qui avait été traduit correctement pour la version de 1947, est-il ici devenu rêvée ? On veut nous nous faire penser à ce navet, La vie rêvée des anges, couvert de fleurs par la critique en 1998 ? Ou nous éviter de confondre les deux comédies ? Pas de danger, la première version était joyeuse et sympathique, celle-ci, truffée d’inutiles trucages numériques, et dans le style du moment, s’avère agitée, quasiment stroboscopique.

Ben Stiller n’est pas un mauvais réalisateur, mais il a disposé de beaucoup d’argent lui permettant toutes ses fantaisies – y compris l’éruption du volcan islandais Eyjafjallajökull, d’ailleurs montrée trop peu de temps –, mais, comme pour tous les films ayant eu trop de moyens financiers, cela tourne au catalogue de ce qu’il est possible de faire quand on n’a pas le talent et l’énergie d’un James Cameron. Et puis la plupart des scènes, surtout de conversations, sont trop longues.

La nouvelle de James Thurber a été mise au goût du jour, et ce rêveur de Walter, obligé de se colleter à la réalité, ne court plus après les joyaux de la couronne néerlandaise comme le faisait Danny Kaye, qui incarnait bien mieux les rêveurs, mais après une photo destinée à illustrer la couverture du dernier numéro de « Life », magazine où il travaille. Si bien que le style du film finit par le faire ressembler un peu à de la pub. Ça tombe bien, nous rêvons tous d’en voir toujours davantage !

En bref : à voir à la rigueur.Haut de la page

Aime et fais ce que tu veux

Lundi 13 janvier 2014

Réalisé par Malgorzata Szumowska

Titre original : W imie...

Sorti en Allemagne (Festival de Berlin) le 8 février 2013

Sorti en France le 1er janvier 2014

Les films polonais sont invariablement ennuyeux et laids, et celui-ci, en dépit d’un sujet dont on attendait mieux, ne déroge pas à la tradition : Adam (déjà, la lourdeur dans le choix de ce prénom biblique) est un prêtre catholique spécialisé dans les relations avec les jeunes gens difficiles, et travaille dans un centre qui s’occupe d’eux. Non sans heurts, car il a déjà été déplacé par son évêque après le suicide par pendaison d’un de ces garçons qui se droguait – mais on n’en saura pas plus. En fait, Adam est secrètement homosexuel, et les jeunes se le murmurent entre eux, sans aller jusqu’à le chahuter, car il fait bien son travail, et eux-mêmes ne sont pas blancs-bleus, on s’en doute. Mais le dernier arrivé, qu’Adam a découvert en train de sodomiser un de ses camarades consentants, le dénonce, et l’un de ses collègues le surprend dans sa voiture, tendrement enlacé avec le seul garçon qui a pris sa défense, Dynia, visiblement amoureux de lui (et auquel, autre lourdeur, la réalisatrice a donné le physique improbable du Jésus tel que l’ont vu des générations d’artistes depuis qu’on peint des tableaux religieux). Ledit collègue le dénonce à l’évêque, qui déplace le suspect une fois de plus, mais Dynia apprend où on l’a muté, le rejoint, et ils font enfin ce qu’ils brûlaient de faire depuis le début.

Épilogue du genre qu’on ne doit pas raconter, Dynia devient prêtre à la dernière image. Moralité, être « dépravé », comme on envisage les choses en Pologne, ne vous empêche pas de devenir un prêtre catholique, c’est le sens du titre, dû à « saint » Augustin, semble-t-il.

Ce sujet est donc assez intéressant, surtout compte tenu du contexte polonais ultra-catholique, mais il est gâché par un scénario cafouilleux et une réalisation ratée, où abondent les scènes inutiles et absurdes, lesquelles ralentissent le film au-delà de toute patience (j’ai vu plusieurs spectateurs quitter la salle). Pour ne citer qu’un exemple, la réalisatrice cède à cette manie désastreuse d’insérer dans son récit l’intégralité d’une chanson, et remplit l’écran avec des gens qui marchent – une procession, qui ne tient aucune place dans le scénario. C’est de l’amateurisme, et très répandu.

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R

Mercredi 15 janvier 2014

Réalisé par Tobias Lindholm et Michael Noer

Sorti au Danemark le 22 avril 2010

Sorti en France le 15 janvier 2014

Parce qu’un film de plus sur les prisons succède à des dizaines d’autres, est-il forcément bon ? Non. Celui-ci montre banalement des scènes cent fois vues, se contentant de nous épargner les sempiternelles scènes de viol – si possible sous la douche. Le titre semble se référer, sans le préciser, aux initiales des deux personnages principaux, qui se nomment respectivement Rune et Rashid. Rien de plus à dire sur cette succession de séquences déjà visionnées ailleurs, et en mieux. Je ne citerai que Hunger, qui avait le (seul) mérite de prendre un parti (politique) en dénonçant la cruauté de Mrs Thatcher, laquelle a laissé mourir par grève de la faim une demi-douzaine de détenus irlandais indépendantistes, ou Cellule 211, qui décrivait le parcours mental d’un gardien de prison qui s’est fait passer pour un détenu mais qui finit par prendre le parti de ses camarades involontaires. Même le français et imparfait Un prophète est mille fois meilleur. Ici, rien.

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Lovelace

Vendredi 17 janvier 2014

Réalisé par Rob Epstein et Jeffrey Friedman

Sorti aux États-Unis (Festival de Sundance) le 22 janvier 2013

Sorti en France le 8 janvier 2014

Linda Boreman, fille de vingt ans plutôt timide et naïve, sous la coupe d’une mère jugée trop sévère, s’enfuit avec Chuck Traynor, un beau parleur qui lui semble gentil et qui l’épouse. Mais il l’initie à des pratiques sexuelles dont elle ignorait tout, prétendra-t-elle plus tard, et finit par la persuader qu’elle est trop douée pour ne pas en tirer profit ; à savoir jouer dans un film porno. Ce sera Deep throat (en français, Gorge profonde, sorti aux États-Unis en juin 1972, mais seulement le 24 septembre 1975 en France, après que Giscard et son ministre de l’Intérieur Michel Poniatowski eurent levé l’interdiction sur les films pornographiques, avant de se raviser et de frapper hypocritement au portefeuille, via les taxes sur les « films X ».

Deep Throat, 61 minutes de fellations ininterrompes, était très ennuyeux, mais il eut un succès mondial, et rapporta, dit-on, six cents millions de dollars, alors que sa « vedette » ne toucha que... 1250 dollars, que son mari empocha sans lui donner le moindre fifrelin !

Le présent film, qui ne montre aucune scène scabreuse – curiosité qui en a déçu quelques-uns –, raconte, en la romançant un peu, l’histoire réelle de Linda, dont la carrière réelle ne dura que... dix-sept jours, mais le calvaire, des années, car elle était tombée sous la coupe d’aigrefins mafieux qui l’exploitèrent sans vergogne. Elle finit par s’enfuir une fois de plus, et elle épousa plus tard un homme normal, dont elle eut un petit garçon. Mais elle milita tout le reste de sa vie – courte, puisqu’elle mourut d’un accident à 52 ans – contre la pornographie et ceux qui en vivent, notamment par sa biographie Ordeal.

Il y avait eu, en 2005, un documentaire, Inside “Deep Throat”, qui racontait tout cela, mais surtout les à-côtés politico-judiciaires du film plutôt que la vie de Linda. Ici, elle est au centre de l’histoire, comme l’indique le titre. Curieusement, des vedettes y figurent, comme Sharon Stone dans le rôle de la mère, et James Franco dans celui d’Hugh Hefner, le patron de « PlayBoy ».

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Piégé

Lundi 20 janvier 2014

Réalisé par Yannick Saillet

Sorti en France le 15 janvier 2014

C’est plutôt une bonne surprise, pour un premier long métrage, car le film bénéficie d’un scénario assez adroit pour ne pas nous inciter à regretter que l’histoire ait déjà servi, avec No man’s land, de Danis Tanovic, en 2001. On a imaginé suffisamment de péripéties et de rebondissements pour que ce film – court, 78 minutes – ne semble pas, comme trop souvent, excessivement long. Je ne raconte pas l’histoire, et laisse simplement entendre que le dénouement est à l’opposé du film ci-dessus ; disons que c’est du même ordre que la fin dans Le pont de la rivière Kwaï... Il a aussi coûté beaucoup moins cher, et a été tourné au Maroc, comme tous les films situés en pays arabo-musulmans, plutôt qu’en Slovénie.

Je ferai néanmoins une critique matérielle, et une autre, technique.

La critique matérielle porte sur le fait qu’à un certain moment, pour éviter qu’un incendie risque de tout embraser, Pascal Elbé balance une grenade défensive sur une voiture, laquelle est renversée, dans une explosion très moyenne. Or ce n’est compatible, ni avec une grenade offensive, qui n’aurait pas soulevé la voiture, ni avec une grenade défensive, engin beaucoup plus redoutable, qui aurait tout détruit dans un rayon immensément plus large, et le lanceur de grenade n’y aurait pas survécu.

Ma critique sur la technique porte sur le procédé de la caméra portée, très utilisé au début, raisonnablement ensuite, et qui est très irritant, vu la qualité lamentable des prises de vue qu’elle permet. Si un réalisateur tient absolument à une caméra qui se déplace beaucoup, qu’il loue donc une steadicam avec un cadreur spécialisé. Bien sûr, cela coûtera un peu plus cher, mais les résultats valent bien la dépense. Que ces messieurs visionnent donc L’arche russe, 93 minutes en un seul plan, sans un seul soubresaut de la caméra !

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Les brasiers de la colère

Mardi 21 janvier 2014

Réalisé par Scott Cooper

Titre original : Out of the furnace

Sorti aux États-Unis le 9 novembre 2013

Sorti en France le 15 janvier 2014

Dès la première scène, on sait qui sera le méchant du film : une horrible brute, Harlan DeGroat, qui tabasse les femmes et ceux qui veulent l’en empêcher. Par la suite, on découvre qu’il est aussi trafiquant (et consommateur) de drogues, qu’il organise des matches truqués de combat à main nue, et qu’il a le revolver facile.

Sa victime, c’est Rodney Baze, qui a combattu en Irak et en est revenu déboussolé : pas question pour lui d’aller travailler en usine, comme son père qui agonise, et comme son frère aîné, Russell, le gentil du film mais qui va avoir une bonne raison de devenir méchant. En effet, Rodney, qui gagne sa vie comme il peut en disputant des combats plutôt minables, est tombé sous la coupe de DeGroat, et parce qu’il n’a pas obéi à l’ordre de « se coucher » pour favoriser un pari truqué, son employeur l’exécute.

Mais on a deviné à l’avance ce qui devait lui arriver, et que son frère va vouloir le venger – ce qui se produit en effet à la dernière séquence.

Le film se traîne, et beaucoup de scènes pourraient être écourtées. Le seule originalité, c’est que le dur, Rodney, est incarné par Casey Affleck, lequel a plutôt un physique de gentil, alors que son vengeur de frère, personnage paisible jusqu’à l’épilogue, est incarné par Christian Bale, qui est à l’opposé. Hormis cela, les vues de la ville agonisant parce que l’activité de l’usine est sur son déclin, et une demi-douzaine de vedettes masculines, c’est peu pour sauver un film assez banal, tous comptes faits.

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Pour ton anniversaire

Mercredi 22 janvier 2014

Réalisé par Denis Dercourt

Titre original : Zum Geburtstag

Sorti en Allemagne le 19 septembre 2013

Sorti en France le 8 janvier 2014

D’abord, une précision : l’image montrée par l’affiche n’a aucun rapport avec l’histoire. Certes, Anna joue un peu de piano tout au début, puis encore vers le milieu du film, mais cela ne dure que quelques secondes, et il n’en est plus question par la suite. Pourtant, le réalisateur traite souvent de sujets en rapport avec la musique, et il professait au Conservatoire de musique de Strasbourg, donc c’est sa marque de fabrique.

Cette fois, il s’agit d’une histoire de vengeance, tout comme dans La tourneuse de page, quoique en beaucoup plus tordu. Disons aussi que, d’habitude, je ne prends pas plus au sérieux Dercourt que Shyamalian, car tous deux imaginent des scénarios qui pèchent gravement sur le plan de la vraisemblance, et les erreurs qu’ils recèlent me font plutôt rigoler. Ici, néanmoins, hormis le postulat de départ qui est impossible à gober (un garçon « prête » sa petite amie à un copain, à condition qu’il la lui rende plus tard, elle ou « la même »...), le reste tient la route.

En fait, l’histoire rappelle, par sa structure, La nuit de Trappelune, ce roman policier de Ruth Rendell, dans lequel l’énigme à deviner ne concerne pas l’assassin, qu’on connaît dès le début, mais l’identité... de la victime – astuce que je crois unique dans la littérature policière. Or, dans le présent film de Dercourt, alors qu’on devine bien qu’il s’agit d’une histoire de vengeance, ce qui en réalité reste caché jusqu’à la dernière image, c’est l’identité de celui qui veut se venger, et pourquoi. C’est assez ingénieux, mais, si vous désirez savoir tout, allez lire le récit que vous trouverez ICI. Et si vous voulez savoir pourquoi Dercourt est d’ordinaire un mauvais scénariste, lisez mes critiques sur Mes enfants ne sont pas comme les autres, ou La tourneuse de pages, ou Demain dès l’aube..., qui montrent en quoi.

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Gonflé, Tarantino !

Jeudi 23 janvier 2014

Oui, il est gonflé, Tarantino. On a su ce matin qu’il annulait le tournage de son prochain film, un western, pour la raison que quelqu’un avait publié le scénario qu’il avait en vue. Un spoiler géant, en quelque sorte. Or l’imposture est double.

D’abord, la valeur d’un film ne réside pas dans le secret de son scénario. Il me semble que la manière dont il sera réalisé compte au moins autant, sinon davantage. Même un bon scénario peut donner un mauvais film, s’il est réalisé par un gâte-sauce. Depuis que le cinéma existe, on a tourné des dizaines de films dont l’histoire était connue de tout le monde, et cela n’a pas nui au produit qui en est résulté. Voyez plutôt Titanic ! Ou Les dix commandements. Ou les innombrables films sur la vie de Jésus ou celle de Jeanne d’Arc – quoique, là, on a surtout produit des navets.

Ensuite, parce que Tarantino est connu pour piquer les scénarios des autres. Le processus est immuable : un de ses copains, peu méfiant, lui confie une idée de film, Tarantino se l’approprie, fait le film, et coupe les ponts avec le copain. À Hollywood, tout le monde le sait. Mais comme il est célèbre et célébré, on feint de ne rien voir.

L’honnête homme...

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Lulu, femme nue

Vendredi 24 janvier 2014

Réalisé par Solveig Anspach

Sorti en Belgique (Festival de Namur) le 28 septembre 2013

Sorti en France le 22 janvier 2014

Un titre racoleur pour un film banal, qui déçoit de la part de la réalisatrice franco-islandaise, dont les deux comédies vues auparavant séduisaient davantage par leur côté saugrenu. Ce film-ci, en tout cas, n’a plus rien d’islandais !

Lulu, qui a raté son train pour retourner chez elle après un entretien d’embauche non concluant, décide de ne pas rentrer : sans doute, son mari et ses trois enfants lui pèsent un peu. Mais le mari, furieux, fait opposition sur sa carte de crédit, et la voilà sans argent, ce qui va entraîner, comme dans un road movie – ce que le film n’est pas – une suite de rencontres plus ou moins divertissantes : un ancien détenu pourvu de deux frères rigolos, une serveuse de bar que sa patronne exploite et brime, et une dame âgée à laquelle Lulu a d’abord tenté de voler son sac.

Ce procédé sert beaucoup quand on veut définir un personnage qui va retrouver sa propre personnalité oubliée. On n’est donc pas surpris. Le titre vient d’un inutile bain nu de Karin Viard dans la mer, par lequel on veut sans doute montrer qu’il s’agit de se laver des traces du passé. Mais où donc les gens de cinéma vont-ils chercher des métaphores aussi originales ?

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Une bonne guerre

Lundi 27 janvier 2014

Revu hier en vidéo La guerre des boutons, dans sa version de 1962. Yves Robert avait adapté avec fidélité le roman de Louis Pergaud, en noir et blanc, avec des vedettes populaires de l’époque, dont ne survivent que Pierre Tchernia, Christophe Bourseiller, François et Martin Lartigue (les frères Gibus), petit-fils du photographe Jacques Henri Lartigue, et André Treton, qui avait le plus grand rôle, celui de Lebrac, qui était bon acteur, et qui a aujourd’hui soixante-cinq ans. Il n’a pas continué à faire l’acteur, après un petit rôle de télégraphiste, l’année suivante, dans Du mouron pour les petits oiseaux, de Marcel Carné.

Celui qui a tenu le plus longtemps dans la notoriété était Martin Lartigue, très remarqué dans le rôle de Petit Gibus, quand il avait dix ans, et qui a joué ensuite dans cinq autres films pas négligeables (dont un téléfilm), et, au Théâtre des Variétés, dans une pièce de Robert Dhéry, Vos gueules les mouettes ; il avait alors dix-huit ou vingt ans, et joue dans le film qui en a été tiré en 1974. Par la suite, il est devenu peintre.

Je me suis abstenu de voir les deux remakes sortis l’année dernière, tournée à la faveur de la libération des droits du roman, tombé dans le domaine public. Inutile de chercher mieux que le film d’Yves Robert, qui était un grand auteur de comédies, lesquelles sont aujourd’hui des classiques. Il en était également le producteur, avec sa femme Danièle Delorme, actrice célèbre et qui vit toujours. Leur film, en tout cas, est extrêmement bien fait, et le noir et blanc ne nuit pas à sa qualité.

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L’homme aux serpents

Lundi 27 janvier 2014

Réalisé par Éric Flandrin

Sorti en Suisse (Festival Visions du Réel) le 18 avril 2010

Sorti en France le 22 janvier 2014

J’aime assez les serpents, plus silencieux que les chiens et qui ne perdent pas leurs poils partout, comme les chats, mais ce film, s’il en montre au début, devient vite prêcheur, et tourne au documentaire écolo. Pourtant, il serait plutôt sympathique, ce Franz Kaston Florez, diplômé en médecine vétérinaire et zootechnique, auquel on a confié un serpentarium qui épouvante sa mère, et qu’il a transformé en ménagerie itinérante, grâce à un vieux bus prêt à tomber en panne – ce qui arrive effectivement.

Hélas, acharné à protéger la nature en Colombie, qui, nous dit-on, abrite quarante pour cent de la biodiversité mondiale (on a comme un doute, et la Communauté européenne parle plutôt de dix pour cent), il parle beaucoup, et son grand-père plus encore, qui lui a transmis sa vocation. Et s’il n’y avait qu’eux... Mais un aveugle pénible à regarder s’épanche encore davantage, et le spectateur finit par être assez irrité par ces sermons en chapelets, si je puis dire.

Et, finalement, on en apprend assez peu sur les serpents.

Le réalisateur constitue à lui seul l’équipe technique, ce qui lui a épargné les sempiternels soucis avec les syndicats, mais pas ceux avec les guérilleros, qui sont, avec la coca, la principale production de la Colombie.

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Les enfants rouges

Mardi 28 janvier 2014

Réalisé par Santiago Amigorena

Sorti en France le 22 janvier 2014

Il paraît que ce film a été fait en collaboration avec ses acteurs, qui y ont travaillé deux ans et n’ont pas pu être payés puisqu’il n’y a eu aucun financement, ni public, ni privé. Ils ne sont pas près de l’être, puisque le film sort en France seulement, et dans une seule salle ! Or c’est encore une de trop.

On croit rêver, et être transporté cinquante ans en arrière, quand la Nouvelle Vague commençait sa décrue et que seul Godard faisait encore des films se réclamant de ce mouvement très éphémère et largement bidon.

Le titre ne fait allusion à aucun enfant, puisqu’on n’en voit aucun, et il n’y a rien de rouge, puisqu’il est en noir et blanc. En fait, il y a là une vague référence à un plan où l’on voit un marché et un café de Paris ainsi nommé, au nord de la Place des Vosges, et qui ne jouent aucun rôle dans cette histoire, où trois jeunes gens lugubres parlent interminablement, pendant qu’un commentaire off qui ne cesse jamais disserte sur leurs actions, leurs aspirations et leurs pensées.

L’ennui que distille cette chose prétentieuse et vide est absolu. Imaginez un plan de dix minutes, à la caméra portée, filmant une fille qui ne dit pas un mot et fixe la caméra en fumant (on fume beaucoup, dans ce film). Imaginez un garçon qui achète un pistolet, dans un café, à un homme qu’il ne connaît pas, puis, plus tard, demande un autre rendez-vous au même homme parce qu’il ne sait pas pourquoi il a fait cet achat. Imaginez que le même garçon, à la fin du film, tue le nouveau petit ami de la fille, alors qu’il ne le connaît pas.

Le réalisateur raconte que lui et ses interprètes n’ont cessé, en tournant, de discuter et d’inventer. De discuter, on veut bien le croire, mais pour inventer quoi ? Il a cinquante-et-un ans, il serait temps de devenir sérieux et de faire quelque chose qui puisse intéresser un public. Mais il doit être adepte de ce cinéma « où le public est de trop », comme disait Henri Jeanson.

Je signale tout de même que l’affiche, extraite d’un plan où l’ombre d’une main caresse un corps nu, plagie un film pornographique de Jean-Daniel Cadinot, intitulé Le garçon près de la piscine, et sorti en vidéo en 1986.

En bref : inutile de se déranger.Haut de la page

Le régime des intermittents

Vendredi 31 janvier 2014

Depuis des années, je critique le système d’avance sur recettes qui prévaut au Centre National du Cinéma et qui aboutit à financer partiellement des films que le public ne va pas voir (en général, ils sont retirés de l’affiche au bout de deux semaines, quand ce n’est pas une seule – voir Le temps de l’aventure), les bénéficiaires étant surtout des profiteurs du copinage ou du népotisme. Ainsi, j’ai nommément cité Jérôme Bonnell, qui a fait son premier film à... dix-neuf ans, et dont les parents sont bien placés : le père, René, dirige le cinéma à Canal Plus, et la mère, Catherine Siriez, travaille au CNC ! Il doit sortir un film de plus, ce sera le troisième cette année, sur Yves Saint-Laurent et Pierre Bergé, et les critiques en salivent d’avance. Il a écrit les dix films, dont trois courts métrages, qu’il a réalisés, et aucun n’a eu le moindre succès. Dans ces conditions, comment peut-il continuer ? Devinez...

Mais il y a aussi le régime d’indemnisation des intermittents du spectacle, dont je parle depuis une dizaine d’années, et qu’on peut résumer ainsi : vous travaillez dans le spectacle, vous avez « fait » 507 heures (soit approximativement trois mois de travail à huit heures par jour) au cours des 319 derniers jours pour les artistes ou des 304 derniers jours pour les ouvriers ou les techniciens, et l’Assedic vous indemnise pendant dix mois, cette indemnisation étant calculée sur vos gains habituels. Ce qui permet, par exemple, au couple Jaoui-Bacri, de faire un film tous les cinq ans et de vivre comme des nababs (ils habitent l'Île Saint-Louis, qui n'est pas précisément un quartier « sensible », et où vivent pas mal de vedettes), puisqu’ils sont indemnisés, tous les deux comme acteurs et scénaristes, et elle comme réalisatrice. Il n’y a pas de petits profits. J’ai naguère rapporté une réaction de Roger Hanin, acteur communiste et beau-frère d’un ancien président de la République, qui dénonçait le fait que certaines vedettes, leur dernier film à peine terminé (et je citais Jane Birkin), s’inscrivaient illico au chômage pour percevoir automatiquement leur indemnisation, laquelle n’avait rien à voir, on s’en doute, avec ce que perçoit un machiniste.

Des négociations sont en cours pour redéfinir ces règles d’indemnisation du chômage, et elles se termineront le 12 mars, mais on sait déjà que François Hollande ne veut rien changer, car, à gauche, on s’appuie beaucoup sur les gens de spectacle, or il est bien assez impopulaire comme ça. Mais, fin novembre, la Cour des Comptes a vivement critiqué le régime actuel, qui, selon elle, coûte un milliard d’euros par an alors que les cotisants ne versent que 240 millions. Le déficit, à la charge des contribuables, est facile à calculer.

Et puis il y a ceux qui travaillent à temps complet, donc ne devraient pas « toucher le chômage », et qui sont 15 %. Eux sont, non pas artistes, mais secrétaires, standardistes, voire producteurs d’émissions de télévision, or ils touchent un prétendu « complément de salaire » sur le dos de l’assurance-chômage. La CFDT a proposé de faire payer 500 millions aux chaînes de télé qui exploitent ce système, et la CGT, majoritaire dans le métier, était d’accord pour supprimer les indemnisations des vedettes qui s’inscrivent au chômage, et donc moraliser un peu les règles qui gangrènent la profession, laquelle ressemble beaucoup au royaume du parasitisme. Attendons...

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Jacky au royaume des filles

Vendredi 31 janvier 2014

Réalisé par Riad Sattouf

Sorti aux Pays-Bas (Festival de Rotterdam) le 25 janvier 2014

Sorti en France et en Belgique le 29 janvier 2014

Ce n’est pas un royaume, puisque nous sommes en République Démocratique et Populaire de Bubunne : l’auteur a-t-il pensé à l’Algérie, qui se prétend « République algérienne démocratique et populaire » ? On voit bien, en tout cas, que, tirant tous azimuts, il visait à la fois les dictatures (il a raconté qu’il aurait rêvé de tourner en Corée du Nord, un beau rêve), et le machisme, mais ici inversé, puisque, dans son histoire, cette dictature est exercée par des femmes, et que ce sont les hommes qui portent le tchador – très coloré, par ailleurs.

À la tête du pays, une Générale, qui va bientôt passer la main en transmettant le pouvoir à sa fille, la Colonelle. Mais il faut pour cela lui trouver un mari, donc organiser une sélection nationale – bidon, puisque la Générale a déjà choisi son candidat. Or un obscur garçon, Jacky, est amoureux de la Colonelle. Hélas, il s’est déguisé en fille pour l’approcher, et elle en tombe amoureuse, DONC elle est lesbienne. Mais non, la dernière scène révèle que la Colonelle était un garçon, détail que sa mère, honteuse de n’avoir eu que des garçons, avait caché. De sorte que Jacky épouse un garçon, ils réformeront (peut-être) le pays, et ils seront très heureux dans ce qui sera devenu le meilleur des mondes possibles.

Riad Sattouf ne manque pas de talent, il a soigné les détails, et beaucoup sont efficaces, donc cette satire pourrait être brillante... si seulement il n’en faisait pas un peu trop. Mais, tous comptes faits, Les beaux gosses, en 2009, était plus réussi, parce que moins ambitieux. Quant à Vincent Lacoste, vedette à part entière pour la première fois, c’est l’un des rares jeunes acteurs doués pour le comique, il est parfait, mais je l’avais préféré dans le rôle anachronique d’Astérix et Obélix au service de Sa Majesté.

En bref : à voir à la rigueur.Haut de la page

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Sites associés :    Yves-André Samère a son bloc-notes 125 films racontés

Dernière mise à jour de cette page le mardi 9 août 2016.