JPM - Films vus - Notules -  Juin 2015

Notules - Juin 2015

 

Plus courtes que les critiques, les notules traitent d’un ou plusieurs films, ou de sujets d’actualité en rapport avec le cinéma. Jusqu’en septembre 2004, elles provenaient de divers forums aujourd’hui disparus. Par la suite, elles s’en affranchissent et sont rédigées directement ici.

Œuvres citées (en italiques, autres que des films) : DancersBallet boys – Black Swan – La randonnéeWalkaboutEx machinaBlack MirrorLoin de la foule déchaînéeFar from the madding crowd – Festen – La chasse – Parole de kamikazeComme un avionJurassic world – Jurassic park – Casa grandeManos suciasBoyhoodUn Français – Jerry Maguire – La vie des autres – American history X – L’huissierContes italiensMaraviglioso Boccaccio – La masseria delle allodole – Le mas des alouettes – L’éveil d’EdoardoShort Skin - I dolori del giovane Edo – L’éveil de Maximo Oliveros – L’échappée belle – Le gamin au vélo – Le monde de NathanX+YAllemagne année zéroGermania anno zeroA love youStandLe souffleIspytanie

Personnes citées : Kenneth Elvebakk – Lukas Bjørneboe Brændsrød – Syvert Lorenz Garcia – Torgeir Lund – Nicolas Roeg – Luc Roeg – Alex Garland – Domhnall Gleeson – Thomas Vinterberg – Carey Mulligan – Matthias Schoenaerts – Masa Sawada – Fujio Hayashi – Hirohito – Bertrand Bonello – Nishio – François Mitterrand – Colin Trevorrow – Fellipe Barbosa – Josef Wladyka – Richard Linklater – Alfred Hitchcock – Ellar Coltrane – Lorelei Linklater – Ethan Hawke – Diastème – Patrick Asté – Tom Cruise – Marcel Aymé – Samuel Jouy – Paolo Taviani – Vittorio Taviani – Giovanni Boccaccio – Pier Paolo Pasolini – Nicolò Diana – Duccio Chiarini – Émilie Cherpitel – Morgan Matthews – Roberto Rossellini – Paul Lefèvre – Luc Besson – Jonathan Taïeb – Alexander Kott

Dancers

Lundi 1er juin 2015

Réalisé par Kenneth Elvebakk

Titre original : Ballet boys

Sorti en Grèce (Festival de Thessalonique) le 18 mars 2014

Sorti en France le 27 mai 2015

À quoi cela rime-t-il, de remplacer, par un faux titre anglais, générique et imprécis, un autre titre anglais dont le sens s’en trouve amoindri ? Tous les dancers ne désirent pas se consacrer au ballet classique, comme les trois garçons du film.

Lukas Bjørneboe Brændsrød, Syvert Lorenz Garcia et Torgeir Lund sont trois collégiens norvégiens, âgés de quatorze ou quinze ans au début du film, et que le réalisateur a suivis durant quatre ans – on les voit mûrir, surtout le premier, le plus beau, le plus déterminé, le plus doué, le seul qui sans doute va réussir. Leur passion ? La danse classique. Enfin des jeunes qui ne rêvent ni de rap ni de hip-hop, cette exhibition où l’on danse... sur la tête. Eux fréquentent le même collège et suivent des cours de danse, dans une classe de cinq élèves, pour entrer à l’Académie de ballet d’Oslo. Après une audition à Londres où ils réussissent tous, Lukas postule pour diverses écoles européennes, dont le prestigieux Royal Ballet School, à Londres. Il est admis. Les deux autres ne se sont présentés nulle part et ne se font pas trop d’illusions.

Mais un triple problème se pose alors : moral, matériel et sentimental.

Le problème moral réside en ce que, si Lukas quitte Oslo, sa classe sera réduite à quatre élèves, et donc sera supprimée. Un sale coup pour ses camarades, auxquels il est très attaché. Le problème matériel est causé par les questions d’argent : l’admission au Royal Ballet coûte... quarante mille euros ! Sa famille n’a pas cette somme. Décrochera-t-il une bourse ? On ne le saura pas. Enfin, le problème sentimental est évident : il lui faudra quitter famille et amis pour aller vivre en Angleterre. Mais il accepte le contrat et part. On se doute que, doué comme on l’a vu auparavant, il réussira.

Ce film est le contraire de Whiplash et n’a rien à voir avec Les chaussons rouges : aucun conflit, et la ténacité des garçons, surtout Lukas, ne vise qu’à s’accomplir dans leur passion, même si l’un d’eux, Syvert, abandonne momentanément avant de revenir, puisque rien d’autre ne l’intéresse vraiment.

Certains spectateurs ont regretté qu’on voit peu de numéros de danse. Mais c’est qu’il s’agissait surtout de montrer de très jeunes gens en train de grandir avec en tête un but noble qu’ils veulent atteindre par-dessus tout. Sans perdre de vue que ce métier est le plus ingrat qui soit : il dévore toute votre existence, avec la perspective d’une retraite à quarante-deux ans consacrée au professorat si on est parvenu à la notoriété... alors que votre corps est ravagé par les exercices passés, les plus durs qui soient. Néanmoins, le milieu de la danse n’est pas présenté comme un milieu de cinglés, tel qu’il l’a été, par exemple, dans Black Swan, imposture d’une malhonnêteté délirante.

L’identification du spectateur à ces trois garçons est totale, malgré la distance qui le sépare de leur rêve.

En bref : à voir.Haut de la page

La randonnée

Mercredi 3 juin 2015

Réalisé par Nicolas Roeg

Titre original : Walkabout

Sorti en France (Festival de Cannes) en mai 1971

Sorti en France le 23 février 1972

Ressorti en France le 3 juin 2015

Bien des détails ne sont pas explicités dans ce film, mais il fascine étrangement. On ne saura jamais pourquoi ce père, qui a emmené sa fille de quinze ans et son jeune fils de sept ou huit ans (c’est Luc Roeg, le fils du réalisateur, qui joue là sous un pseudonyme son seul film comme acteur, il est ensuite devenu producteur) en balade dans le désert australien, leur tire dessus à coups de revolver, puis, les ayant ratés, met le feu à sa voiture et se suicide, les abandonnant seuls dans la nature. On ne saura pas davantage pourquoi le garçon aborigène qu’ils rencontrent et qui les aide à survivre sans connaître leur langue (ils ne parlent que l’anglais, lui, pas du tout), danse tout nu et peinturluré toute une nuit, puis est retrouvé pendu dans un arbre le lendemain matin. On ignorera jusqu’au bout qui était cette équipe de scientifiques lâchant des ballons-sondes dans l’atmosphère, et qu’on ne reverra plus ensuite. Et ne saura pas pourquoi cette mine à laquelle arrivent finalement les deux enfants anglais est abandonnée, ni ce qu’ils ont fait entre cet instant et l’épilogue où la fille est retrouvée mariée à un jeune cadre, mais rêve toujours de son aventure passée en pleine nature (symbole du bain nu des trois personnages dans une rivière).

Le garçon aborigène faisait là son walkabout, coutume locale obligeant les garçons âgés de seize ans à survivre durant plusieurs mois, abandonnés seuls en pleine nature, et qui doivent se débrouiller pour survivre – ce qu’apparemment le garçon réussit très bien –, mais aventure qui va lui apprendre que les étrangers ne respectent rien et massacrent inutilement les animaux. Il faut dire que le comportement de tous les « Blancs », selon le langage convenu, est absurde ou hostile, dans cette histoire, alors que le jeune Australien est foncièrement gentil et serviable.

On est assez surpris d’apprendre que le film avait été interdit aux moins de dix-sept ans lors de sa sortie aux États-Unis, ce qui n’était motivé par... rien !

En bref : reprise. À voir.Haut de la page

Ex machina

Vendredi 5 juin 2015

Réalisé par Alex Garland

Sorti au Royaume Uni le 21 janvier 2015

Ressorti en France le 3 juin 2015

Caleb, âgé de vingt-six ans et brillant programmeur (pas « programmateur », comme écrivent bêtement les publicitaires) d’une importante entreprise d’informatique, croit avoir gagné un concours qu’elle a organisé pour un séjour d’une semaine auprès de Nathan, son PDG  richissime et retiré dans une propriété très « sécurisée », comme on dit. Là, le patron l’informe qu’il devra signer un contrat de confidentialité, et participer au test de Turing – qui sert à reconnaître si un logiciel d’intelligence artificielle est capable de faire croire qu’il est, en réalité, un humain. Or Caleb est mis en présence d’un robot d’apparence féminine, donc il SAIT ne pas avoir affaire à un humain ! En réalité, son patron veut surtout savoir si son dernier robot est capable de simuler des sentiments et de vouloir lui échapper, à lui, Nathan.

Le séjour se termine fort mal, deux des robots tuent le patron, et Caleb, qui avait inversé tous les processus interdisant les évasions non désirées par Nathan, se retrouve prisonnier malgré dans la maison.

Tourné en Norvège et dans un studio londonien, avec des acteurs peu ou pas du tout connus (Domhnall Gleeson, interprète de Caleb, avait paru dans une série télévisée britannique, Black Mirror, où il jouait... un robot remplaçant un mari défunt), ce premier film d’un scénariste passionné de science-fiction-anticipation bénéficie d’un scénario solide et d’une réalisation parfaite. L’aspect scientifique est sérieux, et les trucages numériques, fort bien faits.

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Loin de la foule déchaînée

Lundi 8 juin 2015

Réalisé par Thomas Vinterberg

Titre original : Far from the madding crowd

Sorti au Danemark le 22 avril 2015

Sorti en France le 3 juin 2015

Sujet utilisé neuf fois ! Bravo.

C’est beau à regarder, mais on a tout deviné dès la première minute : que les deux personnages vont s’aimer malgré tous les obstacles. Au début, elle est cultivée mais pauvre, lui est un berger aisé mais plutôt bourru et sans concessions. Puis il perd tout ce qu’il a, tandis qu’elle fait un héritage et devient riche. Elle l’engage donc comme berger. Or, après n’avoir cessé de répéter qu’elle veut rester indépendante (des hommes, on a compris), elle s’amourache d’un sergent hâbleur et gaspilleur, et l’épouse, alors qu’un homme riche et convenable la demandait en mariage. La voilà donc convoitée par trois hommes.

Il faut avouer que l’actrice Carey Mulligan n’est pas très excitante, alors que son partenaire, Matthias Schoenaerts, acteur belge, est beaucoup plus convaincant et semble promis aux grands rôles.

Vinterberg avait réussi le film qui l’a fait connaître, Festen, mais complètement raté La chasse, dont le scénario ne tenait pas debout. Ici, sa mise en scène est plutôt classique, avec néanmoins beaucoup trop de gros plans, et la musique sirupeuse, trop abondante, est irritante.

En bref : à voir à la rigueur.Haut de la page

Parole de kamikaze

Mardi 9 juin 2015

Réalisé par Masa Sawada

Sorti en Suisse (Festival de Locarno) le 9 août 2014

Sorti en France le 3 juin 2015

Fujio Hayashi, qui a aujourd’hui 92 ans, n’a pas été pilote-suicide, bien qu’il se soit engagé à 21 ans, sans prévenir sa famille (il ne le leur a dit qu’après), dans l’unité Ohka, où l’on formait ces malheureux, fanatisés via le culte d’Hirohito, empereur du Japon. Le film n’est constitué que de son interview – entrecoupée de longs silences qu’on a eu la bonne idée de ne pas couper –, par Bertrand Bonello, et ne montre que lui, quelques maquettes en plastique qu’il manipule sans rien expliquer, et une photo de son groupe, soixante-quatre jeunes pilotes (ils avaient tous de six mois à un an de moins que lui) et deux gradés. Lui n’a jamais été envoyé au casse-pipes, car on l’avait nommé instructeur, et il apprenait à ces pauvres jeunes gens le pilotage de ces petits avions sans moteur, amarrés à un bombardier, qu’on détachait lorsque la cible était en vue, à un ou deux kilomètres, et qui ne pouvait rien faire d’autre que tomber sur le navire à couler. Dérisoire parade de dernière minute, qui ne pouvait rien changer à la guerre, en 1944-1945.

Hayashi s’attarde sur le souvenir de l’un d’eux, Nishio, son subordonné devenu son ami, qui disait en catimini que l’empereur aurait dû abandonner la guerre, et qu’Hayashi avait prévenu qu’il devrait sous peu l’envoyer à la mort, puisqu’il était chargé de désigner les futurs héros de l’Empire. Nishio trouvait cela normal, et y laissa donc la vie. Étrange amitié.

A posteriori, Hayashi estime que l’empereur ne s’est pas montré condamnable, mais que, néanmoins, il aurait dû, sinon s’excuser, du moins exprimer ses regrets. Or Hirohito n’a pas eu UN MOT, ni d’excuses, ni de regrets. Hirohito était une belle canaille. C’est sans doute pourquoi, lorsqu’il est mort de vieillesse en 1989, tous les chefs d’État de la planète se sont rendus à Tôkyô afin de chialer sur son cercueil. Y compris le nôtre, le tellement humain François Mitterrand, qui fit des pieds et des mains pour n’être pas trop mal placé dans l’assistance, rangée par ordre alphabétique des patronymes (il fit valider son prénom plutôt que son nom, pour gagner quelques places !).

Disons en passant que les sinistres terroristes qu’on qualifie aujourd’hui de « kamikazes » n’ont rien à voir avec ceux de l’époque !

NB : nous étions cinq spectateurs dans la salle.

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Comme un avion

Mercredi 10 juin 2015

Réalisé par Bruno Podalydès

Sorti en France le 10 juin 2015

Film vu en projection privée le 20 mai. La critique est ICI.

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Jurassic world

Mercredi 10 juin 2015

Réalisé par Colin Trevorrow

Sorti en France (première) le 29 mai 2015

Sorti en France, Belgique, Chine, Indonésie, Suède, au Koweit, aux Philippines et à Taiwan le 10 juin 2015

Comme je n’appartiens pas à la caste des précieuses ridicules, je ne boude pas mon plaisir, et m’abstiens de boycotter les films populaires sous prétexte qu’ils sont promis au succès. J’avais beaucoup aimé les trois premiers films de la série Jurassic park, et j’ai tenu à voir le quatrième à la première séance, le jour de sa sortie en France. Et je n’ai pas été (trop) déçu.

La critique « longue » est ICI.

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Casa grande

Jeudi 11 juin 2015

Réalisé par Fellipe Barbosa

Sorti aux Pays-Bas (Festival de Rotterdam) le 28 janvier 2014

Sorti en France le 3 juin 2015

Cette grande maison, qui est d’ailleurs celle où a grandi le réalisateur – un ex-fils de famille –, se trouve à Rio-de-Janeiro, elle a une superficie de 1400 mètres carrés, elle est pourvue de tout le confort et d’un système d’alerte (Rio est une ville dangereuse), et elle appartient à une famille évidemment aisée, quoique...

L’affiche, un tantinet racoleuse, est la dernière image du film, et n’en donne aucune idée. Elle montre Jean, qui va sur ses dix-huit ans et qui vient de fuir sa famille bourgeoise, au matin de sa nuit d’amour avec une ancienne domestique un peu légère que sa mère a congédiée après avoir trouvé des photos d’elle toute nue. Hypocritement, en la flanquant à la porte, elle lui a dit qu’elle espérait la revoir quand elle aurait pardonné ! Jean, lui porte un prénom français grâce à une lubie de la même mère, et fréquente une école privée coûteuse afin de se préparer à diverses professions brillantes et lucratives (la communication, bien sûr, occupant la premiètre place dans ses priorités). Mais le père est au bord de la ruine, et on doit licencier l’un après l’autre les trois domestiques qu’on ne peut plus payer, dont le chauffeur Severino, que Jean aime beaucoup, qui le conduisait en voiture chaque matin à son lycée, mais dont on lui a dit qu’il était simplement parti en vacances !

Réduit à prendre le bus, Jean y rencontre une fille, une métisse de parents noir et japonais, dont il tombe amoureux. Mais, si elle l’initie à la danse, se laisse embrasser et envisage pour plus tard de lui permettre davantage, elle refuse une relation plus poussée. Néanmoins, le jour où elle accepte de suivre Jean dans un motel, c’est lui qui refuse de sauter le pas. Elle part, il quitte le motel sans payer et rentre chez lui, où son père lui fait une scène parce qu’il a déclenché l’alarme. Écœuré, Jean renonce à passer son examen, et part chercher dans une favela les trois domestiques congédiés. On croit comprendre qu’il va y rester assez longtemps.

Le film brasse un certain nombre de thèmes, dont le système des quotas qu’on a tenté d’appliquer au Brésil afin de favoriser la population étudiante d’origine noire ou métisse. Jean a beaucoup d’affection pour ses domestiques, mais il ne sait rien de leur vie personnelle, et la découvre malgré lui, et surtout malgré sa famille.

Le héros, hélas, n’est pas très charismatique, et l’acteur qui l’interprète, censé représenter le réalisateur – lequel a mis beaucoup de sa propre histoire dans le scénario – n’est guère attirant. Cela mis à part, le film ne cesse à aucun moment d’intéresser, sans jamais insister.

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Manos sucias

Vendredi 12 juin 2015

Réalisé par Josef Wladyka

Sorti aux États-Unis (Festival de Tribeca) le 17 avril 2014

Sorti en France le 3 juin 2015

Ces mains sales sont celles qu’on acquiert lorsque la misère vous pousse à tomber dans l’illégalité, et, puisque nous sommes en Colombie, dans le trafic de drogue. Ici, on suit deux jeunes hommes pauvres qu’on a chargés de livrer cent kilos de cocaïne, cachés dans une torpille flottant sur l’eau du fleuve où navigue leur barque de pêche. Naturellement, puisque sans cela il n’y aurait pas de film, cela se passera très mal, et les deux auront chacun un meurtre à son actif. Puis ils livrent la drogue, et tout est dit. Aucun pathos, aucun jugement, et c’est sans doute la principale vertu du film.

Pour être franc, le film, qui est assez court (une heure et vingt-quatre minutes), est très lent à démarrer, et l’essentiel se situe dans les vingt dernières minutes, le reste du temps étant consacré à faire connaître les personnages, dont le sort est certes misérable, mais on a déjà vu tout cela ailleurs, en mieux.

Néanmoins, c’est honorable et pas ennuyeux – comme trop de films sociaux. Et le procédé de la torpille, on ne l’avait jamais vu au cinéma.

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Boyhood

Dimanche 14 juin 2015

Réalisé par Richard Linklater

Sorti aux États-Unis (Festival de Sundance) le 19 janvier 2014

Sorti en France le 23 juillet 2014

Vu avec des mois de retard...

Pour une tranche de vie, c’est une tranche de vie ! Alfred Hitchcock n’aurait pas tenu cinq minutes, lui qui ne voulait filmer que des « tranches de gâteau » !

Cela dit, Richard Linklater est un très bon réalisateur, qui a fait des films de qualité. En outre, son projet était audacieux : entreprendre un tournage qui s’étalerait sur... douze ans, à raison de trois ou quatre jours par an, en reprenant les mêmes interprètes. Lesquels, forcément, et s’agissant des plus jeunes (Ellar Coltrane et sa propre fille Lorelei Linklater n’avaient que six ans au début, dix-huit à la fin), changeraient physiquement tout au long du récit.

On a évité de découper cette histoire en volets avec chaque fois un titre, comme aurait fait un autre réalisateur, et les transitions d’une année à l’autre sont quasiment invisibles, ce qui fait l’une des vertus du film.

Cela dit, même si personnellement je trouve le résultat passionnant, quelques spectateurs déçus ont estimé qu’il ne se passait rien dans la vie de Mason Evans, le garçon qui est au centre de l’histoire, et c’est tout à fait vrai. Mais chacun voit midi à sa porte, et les petits évènements ne sont pas moins significatifs que les grands.

Et puis, on aime bien Ethan Hawke, acteur exceptionnel, souvent présent dans les films de Linklater. Outre cela, et contrairement à ce qu’ont écrit des journalistes « bien renseignés », le montage ne s’est pas fait à la toute dernière fin du tournage ! Au contraire, chaque année, Linklater faisait monter ce qu’il venait de tourner. Le montage final n’a été fait que de réajustements.

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Un Français

Lundi 15 juin 2015

Réalisé par Diastème

Sorti en France le 10 juin 2015

Que Diastème (c’est le pseudonyme de Patrick Asté, scénariste qui réalise ici son deuxième long métrage) ait de bonnes intentions, j’en suis persuadé. Mais son film, qui montre la violence des suppôts racistes de l’extrême droite, n’est plausible que dans sa première partie, disons le premier tiers, où les violences des néo-nazis français sont bien décrites. Ensuite, il achoppe sur l’obstacle habituel faisant échouer tous les films sur la rédemption – concept auquel je ne crois pas du tout.

Il y a eu des précédents. En 1996, Dans Jerry Maguire, on voyait Tom Cruise, en agent de publicité au service de sportifs, avec tous les défauts qu’implique l’appartenance à cette mafia, changer son fusil d’épaule après avoir été viré de son agence, et consacrer désormais tous ses efforts au Bien. C’était d’autant moins crédible que ce mannequin de vitrine est tout sauf un bon acteur, et qu’il ne réussit que ses exploits acrobatiques dans des blockbusters.

En novembre 2003, on eut American history X, à hurler de rire ou d’indignation, selon son tempérament : un néo-nazi allait en prison à la suite d’un meurtre. Là, il était obligé de travailler avec un Noir, commençait par faire la gueule, puis le Noir arrivait à le faire rire. À la scène suivante, ils parlaient de sport, ce qui indiquait bien qu’ils étaient devenus amis. Donc le néo-nazi devenait miraculeusement anti-nazi. À sa sortie de prison, il retrouvait son jeune frère, qui était aussi néo-nazi, mais il le convertissait à l’humanisme en dix minutes grâce au récit de sa vie précédente !

En mai 2007, il y avait eu La vie des autres, l’histoire d’un capitaine de la politique secrète est-allemande, la Stasi, converti sur le tard aux vertus de l’humanité.

Tous ces films appartiennent au genre pseudo-humaniste, et, tous construits sur le même modèle, nous invitent à la rédemption par héros interposé, sous peine de nous faire sentir dans la peau d’un pourri. Mais il faut croire que les scénaristes ont de bonnes lectures et se sont lointainement inspirés de cette nouvelle de Marcel Aymé, L’huissier, dans laquelle un sale type exerçant cette profession finissait par gagner son paradis, parce qu’une fois, une seule, la dernière, reniant toute une vie de cruauté froide, il avait crié « À bas la Justice ! ».

Revenons au film. Comment faire changer de camp le triste héros de cette histoire, Marc Lopez, qui est skinhead au départ ? En trois épisodes. D’abord, il voit un de ses copains, dans un bar, obliger un pauvre vieillard noir à boire... du débouche-évier ! Évidemment, la victime en meurt, et le coupable va en prison.  Ensuite, Marc assiste à une réunion électorale d’un de ses anciens copains, en fauteuil roulant après une bagarre, qui milite cette fois et carrément pour le Front national. Plus tard, une réunion de la section parisienne du parti facho a eu lieu dans un bel appartement de la rue de Rivoli, et tout le monde se met à chanter La Marseillaise. Malaise, Marco s’en va, à l’indignation de sa petite amie, qui est aussi à droite que les autres. Enfin, en 1998, en vacances à la Guadeloupe avec elle et leur petite fille, il suit à la télévision la Coupe du Monde de football, et, là encore, tous les assistants chantent La Marseillaise, mais dans un tout autre esprit, et Marc est enfin convaincu que la France a gagné grâce à une équipe composée de Noirs et d’Arabes ! Tout s’éclaire, on ne peut plus appartenir au F.N., il urge de basculer dans le camp d’en face. Il se met désormais à militer pour la Banque alimentaire.

Tout ça est naïf, voire franchement idiot, si ce n’est pas une pure imposture.

Petite surprise : l’autre personnage, le candidat à l’élection resté haineux, étrangement surnommé Braguette, est joué par Samuel Jouy, qui interprète... un très gentil séminariste dans l’excellent feuilleton Ainsi soient-ils, à la télévision. Bon acteur, il faut le reconnaître.

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Contes italiens

Mardi 16 juin 2015

Réalisé par Vittorio et Paolo Taviani

Titre original : Maraviglioso Boccaccio

Sorti en Italie (première à Florence) le 20 février 2015

Sorti en France le 10 juin 2015

Comme ces crétins de spectateurs français (selon l’optique des distributeurs) ne PEUVENT PAS savoir qui était Boccace, on a tout simplement supprimé son nom du titre français. Bravo !

Le film est tiré, comme chez Pasolini, du Décameron, mais il n’adapte pas les mêmes contes, et il est beaucoup mieux réalisé. Pasolini n’était bon que pour les décors, en revanche ses interprètes, difformes, édentés, jouant très mal, affichaient le goût du réalisateur pour tout ce qui bas et laid, et son incapacité à produire un scénario cohérent et bien dialogué. Alors que les frères Taviani savent écrire un scénario, et filment somptueusement.

Le fil de l’histoire repose sur la peste qui ravagea Florence au quatorzième siècle. Dix jeunes gens, sept filles et trois garçons, se réfugient alors dans une belle demeure à la campagne, et, pour occuper leur temps, conviennent de se raconter une histoire chaque soir, le paradoxe étant que, si elles doivent parler d’amour, eux devraient y renoncer pour la durée de leur séjour. Évidemment, cette clause sera difficile à tenir, et ils écourteront leur villégiature pour retourner en ville, où la peste semble s’être calmée.

Les cinq histoires racontées ne sont pas celles que Pasolini avait exploitées dans son film, car il n’avait retenu que les plus grivoises, et multiplié, comme à son habitude, les scènes de nu masculin, ce qui finissait par être un peu agaçant. Les Taviani, eux, sont pudiques, et de plus grands artistes. Aussi leur film est-il somptueux, tant par ses paysages que par sa musique. On connaît peu les interprètes, à deux ou trois exceptions près (on remarque, dans le rôle de Filostrato, le beau Nicolò Diana, qui avait déjà joué pour les Taviani en 2006, dans La masseria delle allodole, en français Le mas des alouettes), mais c’est sans importance, et le film semble presque trop court.

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L’éveil d’Edoardo

Jeudi 18 juin 2015

Réalisé par Duccio Chiarini

Titre original : Short Skin - I dolori del giovane Edo

Sorti en Italie (première à Florence) le 20 février 2015

Sorti en France le 17 juin 2015

Si le titre français se réfère de toute évidence à ce film philippin de 2007, L’éveil de Maximo Oliveros, le titre original, mi-italien mi-anglais, lui, sert sans doute à épargner aux spectateurs de devoir chercher dans un dictionnaire le sens du mot phimosis – qui n’est pas le nom d’un pharaon... À ma connaissance, c’est la première fois qu’un cinéaste débutant aborde le sujet, et il ne fait pas dans la dentelle, car le langage est perpétuellement grossier, et les actes sont d’un lourdingue rarement vu, puisque le personnage central, faute, croit-il, de pouvoir copuler avec une fille (c’est faux, avoir un phimosis n’empêche rien, il gêne seulement), se trouve réduit à prendre pour partenaire... un poulpe mort ! Outre cela, n’y a-t-il pas une erreur dans le dialogue, quand le médecin, qui lui conseille de se faire opérer, affirme qu’auparavant on doit en demander l’autorisation à ses parents ? En France, ce n’est pas obligatoire, mais peut-être est-on plus strict en Italie...

Finalement, quoique correctement réalisé, le film ne casse rien. On sourit de temps à autre, mais cela ne va pas plus loin.

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L’échappée belle

Vendredi 19 juin 2015

Réalisé par Émilie Cherpitel

Sorti en France le 17 juin 2015

C’est Le gamin au vélo, mais sur le mode comique : abandonné à sa naissance par sa mère, qu’il recherche et dont on n’apprendra qu’à la fin qu’elle est morte, un garçon d’onze ans vit dans un foyer, dont il s’échappe de temps en temps pour aller traîner ses guêtres à Paris. Or il ne manque pas de culot, et se fait inviter par une fille de vingt-cinq ans qui est son contraire exact : elle est riche, oisive, a un père reclus, une mère atteinte de la maldie d’Alzheimer et une sœur écrasée par les soucis familiaux. Tous deux vont s’entendre très bien, elle va jusqu’à l’emmener à Rome pour la journée, mais doit ensuite le rendre à son orphelinat. Mais on se doute bien qu’ils se reverront.

Cette bulle de champagne est bourrée de références cinématographiques qui ne gênent pas, tout en n’apportant rien à ceux qui les ignorent, et le film a cet avantage d’être court : 72 minutes. Encore un premier film. Il y a pléthore, en ce moment !

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Le monde de Nathan

Lundi 22 juin 2015

Réalisé par Morgan Matthews

Titre original : X+Y

Sorti au Canada (Festival de Toronto), le 5 septembre 2014

Sorti en France le 10 juin 2015

Le distributeur a fait le grand écart pour passer du titre original au titre français ! Cela dit, X+Y, ce n’était pas très parlant...

Très jeune, Nathan a vu son père mourir à côté de lui dans un accident de voiture. Déjà, l’enfant n’était pas très bavard, mais désormais, il est à la limite de l’autisme. En compensation, il est très doué en mathématiques, domaine dans lequel sa mère est plus que nulle, et ce brave garçon ne se gêne pas pour lui dire carrément qu’elle n’est pas intelligente.

Vers ses seize ans, il est suivi par un professeur, Humphreys, à la fois très malade (il souffre de sclérose en plaques) et très doué pour l’enseignement des mathématiques, et qui le pousse à participer, avec l’équipe britannique, aux Olympiades Internationales de Mathématiques, d’abord aux éliminatoires de Hambourg, puis à la finale de Taipeh. Et là, sous l’influence d’une charmante jeune Chinoise, il se dégèle un peu, si bien que la fin, assez peu crédible, le montre devenu à peu près normal.

C’est encore un premier film, un peu désordonné car il mélange les époques, sans trop de nécessité, et, si le Nathan de dix-sept ans est assez bien incarné par Asa Butterfield, son interprète dix ans plus tôt n’est guère attirant.

Concernant les mathématiques, la scène où Nathan ose pour la première fois faire une démonstration au tableau devant ses camarades m’a semblée assez ratée, sachant que le raisonnement qu’il expose, reposant sur le système binaire, ne valait pas les applaudissements qui se font entendre, car il est extrêmement basique. Et puis, prétendre que Nathan a pu apprendre le mandarin, à partir de rien, en lisant un livre dans l’avion qui le conduit en Chine, de qui se moque-t-on ?

Mais ce sont des détails, et le film, qui montre une vision assez idyllique de Taïwan, est sympathique.

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Allemagne année zéro

Mercredi 24 juin 2015

Réalisé par Roberto Rossellini

Titre original : Germania anno zero

Sorti en Italie le 1er décembre 1948

Sorti en France le 2 février 1949

Ressorti en France le 27 mai 2015

Filmé dans les ruines de Berlin après la guerre, où pas un seul édifice ne semble être resté debout, et ce décor de fin du monde est ce que le film a de meilleur. Quant à l’histoire, dont on ne peut contester les bonnes intentions, elle est hélas construite à gros traits, où ne manque pas un cliché, et dont l’épilogue est invraisemblable.

Edmund Koehler est un garçon de douze ans dont la famille, sans ressources, partage un immeuble presque effondré avec cinq autres familles. Le père est presque agonisant, le frère aîné, Karl, qui a été un soldat nazi, se cache et n’a donc pas de carte d’alimentation, et sa sœur aînée, Eva, « se débrouille » avec les occupants. Edmund tente de trouver du travail, mais, vu son âge, ne peut rien faire qui soit permis, donc il fait de petits trafic, essentiellement de revente. Il tombe ainsi sur un de ses anciens instituteurs, qui, tout mielleux, joue d’abord les protecteurs, mais ne tardera pas à lui proposer... autre chose !

Tout cela, filmé admirablement, dénué de prêchi-prêcha et de ces envahissantes intrigues secondaires dont le cinéma actuel est friand, n’en est pas moins assez lourd, et le suicide final du garçon, qui se jette dans le vide, n’est absolument pas crédible : une minute plus tôt, il jouait à faire semblant de tirer sur les murs d’en face avec un robinet qui lui paraissait ressembler un peu à un pistolet ! Cette conclusion abrupte et pas du tout amenée paraît plaquée sur l’histoire, afin de nous apitoyer. C’est raté.

Finalement, le film a surtout un intérêt historique, par sa place dans l’édification du néoréalisme.

En bref : reprise. À voir.Haut de la page

A love you

Jeudi 25 juin 2015

Réalisé par Paul Lefèvre

Sorti en France (Festival de l’Alpe d’Huez) le 16 janvier 2015

Sorti en France le 24 juin 2015

Les affiches racoleuses tendent à se multiplier, qu’elles aient ou non un rapport direct avec le sujet du film.

Ce premier film est un de ces road movies dont nous sommes saturés, l’odyssée de deux copains, dont l’un, usant du chantage à l’amitié, a forcé l’autre, joué par le réalisateur, à le conduire jusqu’à Avignon, où il croit que la femme de sa vie, dont il ne connaît seulement pas le prénom, lui aurait donné rendez-vous pour le soir même, alors qu’il l’a rencontrée la veille à Paris ! Naturellement, rien ne se passera comme prévu, mais les deux copains trouveront la vraie femme de leur vie, via une pirouette scénaristique fort peu probable – mais nous sommes dans une production de Luc Besson...

L’accumulation de péripéties invraisemblables sur un thème inusable, le tandem burlesque, provoque un rire nerveux. Mais cela ne va pas plus loin, et le film, tout agréable à suivre qu’il est, d’intentions honnêtes (les diverses façons dont on envisage aujourd’hui l’amour), mais pourvu d’un dialogue très grossier, ne laisse aucun souvenir.

Un détail néanmoins, presque intéressant : dès le début, les deux personnages sont privés de leurs téléphones mobiles, tombés dans l’eau. Ce qui prive le film du principal accessoire, omniprésent dans le cinéma actuel !

Et le titre ? Une simple faute d’orthographe dans un tatouage sur le bras d’un routier. On aurait pu trouver plus significatif.

En bref : à voir à la rigueur.Haut de la page

Stand

Vendredi 26 juin 2015

Réalisé par Jonathan Taïeb

Sorti aux États-Unis (Frameline Film Festival de San Francisco) le 20 juin 2014

Sorti en France le 24 juin 2015

Film français, bien que parlant russe et se déroulant à Moscou, mais tourné en Ukraine. Un couple de gays, Anton et Vlad, circulant en voiture, est témoin de l’agression d’un jeune homme, mais Vlad, qui conduit, refuse de s’arrêter. Son compagnon Anton, bourré de remords, l’accusera plus tard d’avoir « tué un homme », car la victime est morte, et ils vont rompre. En attendant, il se livre à une enquête pour en apprendre davantage. Mais cela finira mal pour lui aussi, qui est lynché par un groupe d’homophobes.

Le film est plein de bonnes intentions, qui entend dénoncer l’homophobie quasiment officielle en Russie. Malheureusement, la réalisation n’est pas à la hauteur, le récit est brouillon et truffé de péripéties inutiles, et on comprend mal la fin, où l’ami qui a conduit Anton sur le lieu où il sera en fait lynché n’intervient pas et filme la scène avec son téléphone. Or il a été établi qu’il sympathisait plutôt avec les homosexuels du récit. Quant au plan séquence qui a ébloui un certain nombre de spectateurs, il est très pauvre cinématographiquement, et ce n’est pas bien compliqué de suivre à la caméra portée un homme qui marche durant plusieurs minutes. Finalement, ce film pourtant court parvient à ennuyer. Il ne peut attirer que les sympathisants de la cause gay, pas les cinéphiles. Précisons que le festival où il a été présenté à San Francisco est justement consacré aux films homosexuels.

En bref : à voir à la rigueur.Haut de la page

Le souffle

Lundi 29 juin 2015

Réalisé par Alexander Kott

Titre original : Ispytanie

Sorti au Japon (Festival de Tôkyô) le 28 octobre 2014

Sorti en France le 10 juin 2015

Lu une critique d’un spectateur imbécile qui, s’étant ennuyé, était parti avant la fin. Il n’a donc pas pu voir où voulait en venir ce film, qui est en réalité un pamphlet contre les dirigeants soviétiques, lesquels, durant des années, entre 1949 et 1989, ont soumis la population du Kazakhstan aux effets de la bombe atomique, afin d’en mesurer les effets, au moyen de... 456 explosions nucléaires ! Les dégâts sont équivalents à ceux de Tchernobyl, mais on en a moins parlé, parce que le Kazakhstan n’intéresse personne.

Une jeune fille et son père vivent pauvrement, isolés sur une steppe de la région. Le père va mourir et être enterré. La jeune fille est courtisée par deux jeunes hommes, un Kazahk athlétique et sérieux et un Moscovite amusant, qu’elle va préférer, mais avec qui elle ne passera qu’une nuit, puisque, au matin, toute la région est ravagée par une explosion nucléaire, la première de la série. Le jeune Kazakh meurt en fonçant à moto vers le nuage radioactif. Les deux amoureux, on ne sait pas, mais comment auraient-ils pu survivre ?

Deux plans, parmi d’autres, sont surprenants, jamais vus au cinéma. D’abord, ces deux vêtements séchant sur une corde à linge, l’un appartenant au garçon, l’autre étant une robe de la fille : sous l’action du vent, une manche du vêtement masculin enlace la robe de la fille, comme en un geste amoureux très poétique. Et puis, au matin qui suit l’explosion, le Soleil se lève à l’horizon, mais, semblant changer d’avis face à l’horreur, il se recouche aussitôt !

Le film a été pris en marche par le réalisateur, qui a posé comme condition de pouvoir faire un film sans aucune parole, et a totalement réécrit le scénario. C’est un coup de maître.

En bref : à voir absolument.Haut de la page

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Sites associés :    Yves-André Samère a son bloc-notes 125 films racontés

Dernière mise à jour de cette page le samedi 26 décembre 2015.