Œuvres citées : Hidalgo – Jurassic Park III – Les choristes – Le maître du jeu – Polly et moi – Big fish – L’effet papillon – Une vie à t’attendre – La jeune fille à la perle – Les disparues – Podium – Paycheck – Triple agent – Ce qu’ils imaginent – Coffee and cigarettes – Gente di Roma – La passion du Christ – La bataille d’Alger – Kapo – Queimada
Personnes citées : Joe Johnston – Jennifer Aniston – Bertrand Cantat – Marie Trintignant – François Berléand – Gérard Jugnot – Jacques Perrin – Ettore Scola – Mel Gibson – Yacef Saadi – Ali la Pointe – Horst Wessel – Gillo Pontecorvo – Jacques Rivette – Emmanuelle Riva – Marlon Brando – Isabelle Alonzo
Hidalgo n’est pas désagréable. Juste un peu long : deux heures et quart. Le réalisateur Joe Johnston n’a pas trop la cote, car on lui en veut un peu d’avoir fait Jurassic Park III. Or le film n’était pas du tout déshonorant, il est même meilleur que le numéro 2, à mon avis.

Voici le nombre de spectateurs, à Paris, entre le 16 et le 24 mars, pour les films suivants : Les choristes, 135 911 pour 46 salles ; Le maître du jeu, 61 589 pour 34 salles ; Polly et moi, avec madame Pitt, 51 226 pour 40 salles ; Big fish, 44 711 pour 46 salles ; L’effet papillon, 37 227 pour 30 salles ; Une vie à t’attendre, 30 791 pour 37 salles ; La jeune fille à la perle, 21 576 pour 19 salles ; Les disparues, 19 554 pour 28 salles ; Podium, 16 350 pour 20 salles ; Paycheck, 14 841 pour 20 salles ; Triple agent, 13 201 ; et Ce qu’ils imaginent, le dernier film avec Marie Trintignant... 341 spectateurs ! Bien fait, ça leur apprendra, à ces marchands de soupe, à sortir le film en plein procès de Cantat. Qu’est-ce qu’ils s’imaginent ?
Aucun triomphe, donc. Rappelons la règle : un film est retiré de l’affiche s’il rameute moins de 1400 spectateurs dans la semaine.

Les choristes : j’y ai trouvé des négligences de scénario. D’abord, la personnalité du proviseur joué par Berléand n’est pas très cohérente. On voit mal comment, tout d’un coup, il lui prend l’envie de se mêler aux gosses pour jouer au football. Ni comment il peut grimper sur son bureau pour faire le pitre. En outre, l’histoire est censée racontée en flashback par un personnage, or celui-ci n’a pas assisté à cette scène, qui n’a aucun témoin.
Le dénouement est totalement invraisemblable : le surveillant joué par Jugnot accepte de kidnapper un gosse de dix ans (sur la demande de l’enfant, joué par le fils de Jacques Perrin), le gosse grandit, devient célèbre, et à aucun moment de sa vie le ravisseur n’est inquiété ? Personne ne se pose la moindre question sur ce qu’est devenu l’enfant disparu du collège ? Ni son père, ni la direction du collège, ni les autorités académiques ? L’épisode ne tient pas debout. Il n’est là que pour faire chialer le public.

Toujours pas de Passion du Christ dans mon carnet de commandes. J’ai vu ce matin Coffee and cigarettes, de Jim Jarmusch, assez sympathique, et hier, Gente di Roma, d’Ettore Scola, pas mal du tout. Il y a des auteurs plus importants que Mel Gibson !

La bataille d’Alger est un film italien tourné en 1965 sur commande du gouvernement algérien. Je vivais en Algérie à cette époque. Il a pu être tourné sur les lieux, avec toutes les autorisations... et pour cause : le patron du cinéma algérien, à cette époque, était Yacef Saadi, ancien chef des égorgeurs de la Casbah, et qui est un des personnages du film, sous un pseudo. Le film flatte beaucoup le personnage d’Ali la Pointe, un tueur, ancien proxénète, dont les Algériens ont fait une sorte de héros national. On a les héros qu’on mérite.
Le réalisateur, Gillo Pontecorvo, s’était fait allumer par la critique (en l’occurrence, Jacques Rivette, dans « Les Cahiers du Cinéma »), pour sa manière dégueulasse, disait-on, de filmer la mort d’une victime des camps de concentration nazis, en enjolivant le plan du corps d’Emmanuelle Riva resté accroché aux barbelés, en 1959, dans son film Kapó. Pontecorvo n’a fait qu’un bon film, Queimada, sur l’esclavage dans les Antilles, avec Marlon Brando, en 1969.
Les trois films cités sont les seuls qui ont été vus en France.

Vu enfin (?) La passion du Christ. C’est lourd, sadique, bête et complaisant. Mel Gibson, mes amis, vient de scier sa carrière de réalisateur, on ne le prendra plus au sérieux.
Petit détail : la croix qu’on voit dans la dernière séquence (je ne suis pas certain que ce soit la même que pendant le chemin de croix) est encore plus grande que celle envisagée [sur le forum de votre serviteur, où on a calculé que le volume de la croix devait être d’environ 144 décimètres cubes, et son poids compris entre 100 et 122 kilogrammes]. Elle mesure au moins six mètres de haut et 2,40 mètre d’envergure. Donc d’autant plus lourde !
Je classe le film dans la catégorie « À fuir ». Quoi ! Ça vous étonne ?

Les deux films précédents réalisés par Gibson n’étaient pas déshonorants... Étrange, que personne n’ait relevé le fait que Satan, dans La passion du Christ, est une femme ! Que fait Isabelle Alonzo ?


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Dernière mise à jour de cette page le samedi 29 novembre 2008.