JPM - Films - Notules - Février 2003

Notules - Février 2003

 

Plus courtes que les critiques, les notules traitent d’un ou plusieurs films, ou de sujets d’actualité en rapport avec le cinéma. Jusqu’en septembre 2004, elles provenaient de divers forums aujourd’hui disparus. Par la suite, elles s’en affranchissent et sont rédigées directement ici.

Œuvres citées (en italique, autres que des films) : Soupçons – Géant – Les révoltés du Bounty – Gangs of New York – La couleur de l’argent – E.T. – Blair witch project – The Tony Blair witch project – Werewolf Cult ChroniclesL’idoleArrête-moi si tu peuxCatch me if you canOthello 2003O – Citizen Kane – La plage – Éclipse totale – Basketball diaries – La neuvième porte – From hell – The bellboy – Un éléphant, ça trompe énormément – P.R.O.F.S. – Salut l’artiste – Monsieur N. – Être et avoir – La vierge des tueurs – La guerre des boutons – La fleur du mal – Les damnés – 18 ans après – Titanic – 102 Dalmatiens – Dancer in the dark

Personnes citées : Alfred Hitchcock – James Dean – Charles Laughton – Clark Gable – Leonardo DiCaprio – Daniel Day Lewis – Martin Scorsese – Henry Thomas – Drew Barrymore – Tony Blair – Mike A. Martinez – Steven Spielberg – Jacques Crozemarie – Tim Blake NelsonJohn Carpenter – Walter Hill – Jalil Lespert – James Thierrée – Frank Abagnale – Leonardo DiCaprio – William Shakespeare – Matt Damon – Johnny Depp – Orson Welles – Alexandre Dumas – Le Masque de Fer – Jerry Lewis – Tom Cruise – Robert Barcia – Christophe Bourseiller – Antoine Bourseiller – Fabrice Luchini – Laurent Gamelon – Patrick Bruel – Yves Robert – Élizabeth Teissier – Nicolas Sarkozy – Marcello Mastroianni – Antoine de Caunes – Napoléon Bonaparte – Hudson Lowe – René Manzor – Michel Bouquet – Bernard Giraudeau – François Morel – Danielle Darrieux – Sabine Haudepin – Jeanne Moreau – Robert Bresson – Humphrey Bogart – Louis Jouvet – Vittorio de Sica – Dominique Sanda – Jean-Pierre Léaud – Martin Lartigue – Claude Chabrol – Thomas Chabrol – Aurore Chabrol – Mathieu Chabrol – Luchino Visconti – Joseph Losey – Philippe Collin

Soupçons sur Arte

Dimanche 3 février 2003

Ce n’est pas pour me vanter, mais Arte est une chaîne de merde qui fait n’importe quoi. Hier soir, elle diffusait Soupçons, d’Alfred Hitchcock. Bien sûr, j’ai déjà le film, puisque j’ai tout Hitchcock, mais je n’étais pas très satisfait, car je l’avais enregistré sur Paris-Première, excellente chaîne, qui a seulement le tort de coller son logo sur les cinq premières et les cinq dernières minutes des films qu’elle passe. J’ai donc voulu refaire la bande en enregistrant le programme d’Arte par-dessus. Mauvaise pioche, comme disent les djeunzk, et qui m’incitera à ne plus jamais faire confiance, car on nous a balancé la version doublée, alors que c’est la V.O. que j’avais ! Il ne me reste plus qu’à patienter une petite dizaine d’années avant que le film repasse quelque part. Mais bon, j’ai toute la vie devant moi.

Arte est coutumière de ce genre de sacrilège. On nous a fait ça avec Géant, le dernier film avec James Dean ; avec Les révoltés du Bounty, la bonne version avec Charles Laughton et Clark Gable ; et des tas d’autres films classiques. Le prétexte avancé : la version en V.O. n’est pas disponible. C’est un pur mensonge, évidemment, puisque cette version, je l’avais et que Paris-Première l’avait diffusée aussi.

En bref : à voir pour Soupçons.Haut de la page

Gangs of New York

Lundi 4 février 2003

Réalisé par Martin Scorsese

Sorti aux États-Unis le 9 décembre 2002

Sorti en France le 8 janvier 2003

Navré pour Leonardo DiCaprio et Daniel Day Lewis, mais Gangs of New York a failli être classé par votre très humble serviteur dans la catégorie « À fuir ». C’est un festival de vacarme, violence gratuite et bestialité. Quant au propos, on s’en fout. Depuis La couleur de l’argent, Scorsese radote. On devrait l’élire au Sénat.

Histoire de passer le temps, je me suis trituré les méninges pour savoir qui était l’acteur interprétant Johnny. Il m’a fallu plus d’une heure pour le reconnaître : Henry Thomas, l’ex-petit garçon dans E.T., vous vous souvenez ? Le pauvre n’a pas fait la carrière de Drew Barrymore, qui jouait sa petite sœur.

En bref : inutile de se déranger.Haut de la page

Mike A. Martinez

Mercredi 6 février 2003

Marrant : à propos de Blair witch project, j’avais écrit qu’il existait une parodie intitulée The Tony Blair witch project. Il s’agit d’un groupe de journalistes qui enquêtent dans les profondeurs de je ne sais quelle forêt à propos du Premier ministre britannique, et auxquels il arrive des bricoles. Figurez-vous que le réalisateur de ce film (qu’il est impossible de voir), Mike A. Martinez, n’a que 22 ans. Il a débuté à 17 ans, et a réalisé An enraged new world. Aucun de ses films n’est sorti en France. Pour tâcher d’en savoir davantage, je lui ai envoyé un message, et il m’a répondu immédiatement. Voici donc mes questions à Martinez, et les réponses qu’il m’a faites :

 

> I’m interested by your movies, but, infortunately, we have not seen them in France. So, since I hate The Blair witch project and Blair witch II, I regret that Tony Blair witch was not released in Paris.

 

That’s pretty sad since the movie Tony Blair Witch did have a limited distribution even here in the US. We enjoyed making the film, but wanted to keep it pretty “under the radar” because most of the filming was done while we were trespassing on private property. I don’t even have any copies still on me, though I could make a copy from a friend’s if you wanted one. I believe we still had a preview of the film online somewhere.

 

> Where was you born?

 

Las Vegas, Nevada.

 

>How did you make your movies?

 

I made them all back in Alaska, starring my friends who were mostly TV actors or theatrical performers. Usually I would shoot with video before 2000, but since then I have used DV. This year I am making a short film/commercial for Del Taco (a restaurant) on 16mm.

 

(The Blair witch project était en réalité un film de fin d’études pour élèves d’une école de cinéma. Les auteurs se sont bien amusés. Puis le film a été vu par des couillons qui l’ont pris au sérieux et en font fait, évidemment sur Internet, un « film culte ». Il ne m’a pas effrayé du tout, c’était plutôt ennuyeux et vide. Mais le snobisme aidant...)

 

>Any project?

 

Well, I am working on a Swedish TV series right now called Werewolf Cult Chronicles... I already shot their first episode in Alaska, and I am busy editing it now, but it is hard to find the time to do it while I attend film school and have to work on school student films and such.

 

> Are you the new Spielberg? (I hope NOT!)

 

Well, I would like to make films, yes, but I never really liked Spielberg’s movies so I don’t really care to be compared to him. :)

Maybe John Carpenter or Walter Hill are closer to my goal.

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L’idole

Dimanche 10 février 2003

Réalisé par Samantha Lang

Sorti en Suisse (Festival de Locarno) le 6 août 2002

Sorti en France le 29 janvier 2003

Vu L’idole. Une connerie monumentale. Je n’y allais que pour Jalil Lespert. Comme de bien entendu, on lui fait encore jouer une scène de nu, parfaitement inutile.

C’est beau, le hasard. La semaine dernière, j’ai écrit sur James Thiérrée, et voilà qu’en traversant la Place du Châtelet, je découvre qu’il passe au Théâtre de la Ville du 11 au 15. Ne pas aller le voir serait une autre connerie, encore plus monumentale que L’idole.

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Arrête-moi si tu peux

Mardi 12 février 2003

Réalisé par Steven Spielberg

Titre original : Catch me if you can

Sorti aux États-Unis le 16 décembre 2002

Sorti en France le 12 février 2003

Steven Spielberg a enfin sorti un film sans prétention et plutôt réussi avec Arrête-moi si tu peux. C’est une aimable comédie basée sur les aventures d’un personnage réel, Frank Abagnale, et qui n’a que le tort d’être un peu trop longue.

Leonardo, aussi bon que d’habitude, joue avec beaucoup de vraisemblance un garçon de 16 ans (au début), qui devient escroc parce que le divorce de ses parents l’a un peu tourneboulé (au passage, notez que c’est encore la séparation qui joue un grand rôle dans un film de Spielberg, comme j’ai eu l’honneur de l’écrire quelque part). Ses débuts sont dignes d’une anthologie du culot : il se rend pour la première fois dans une nouvelle école, et, comme il est bien vêtu, un camarade de classe, qui ne le connaît pas encore, lui dit qu’il a l’air d’un professeur. Aussitôt, il saute sur l’occasion, affirme qu’il est bel et bien un professeur remplaçant, fait asseoir tout le monde et commence à donner un cours de français. Dans la semaine qui suit, il fait « ses » cours, reçoit les parents d’élèves et organise une sortie pédagogique. Il va même jusqu’à éconduire la vraie remplaçante qui s’est pointée, lui disant qu’il est arrivé avant elle et qu’il y a eu un malentendu. Le proviseur ne s’aperçoit de la supercherie qu’au bout d’une semaine, et convoque son père, qui se marre. Tout vient de là.

Crozemarie aurait dû faire appel à lui.

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Othello 2003

Mercredi 13 février 2003

Réalisé par Tim Blake Nelson

Titre original : O

Sorti aux États-Unis (Festival de Seattle) le 26 mai 2001

Sorti en France le 12 février 2003

Film subi ce jour : Othello 2003. En fait, le film s’appelle O et date de 2001, donc le titre français est injustifié. C’est un navet qui adapte Othello, de mon camarade Shakespeare, dans le style rap et basket-ball. J’ai dormi un long moment. Il y avait le beau Josh Hartnett dans le rôle de Iago (rebaptisé Hugo).

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Sur Arrête-moi si tu peux

Mercredi 13 février 2003

[À une internaute qui, n’appréciant pas Leonardo DiCaprio, aurait préféré Matt Damon dans le rôle de Frank Abagnale :]

 

Pour Frank Abagnale, Matt Damon ne convient pas, il ne peut pas paraître 16 ans. Le talent n’a rien à voir là-dedans. Et Leonardo n’a pas pris de poids, c’est une légende non fondée et plutôt perfide, lancée par les journaleux. Il suffit de voir ses films, il est aussi mince qu’auparavant.

Mais la question n’est pas « DiCaprio, Depp ou Damon ? ». Lorsqu’un réalisateur a besoin d’un acteur qui puisse jouer valablement un garçon de seize ans, il ne peut engager que le premier. Les deux autres font leur âge. Voyez, dans le film de Spielberg, les scènes du début, notamment quand il va dans la cuisine : il a vraiment l’air d’un tout jeune garçon, non seulement dans son physique, mais aussi dans sa manière de se déplacer. Il est courant de se vieillir avec vraisemblance, au cinéma (Orson Welles dans Citizen Kane), mais paraître plus jeune sans que le maquillage y soit pour quelque chose, c’est un exploit que très peu d’acteurs osent tenter en pleine lumière et sur des scènes qui durent, c’est-à-dire, qui laissent le temps de les examiner.

Les navets interprétés par DiCaprio ? Je réclame la liste ! S’il était mauvais, les réalisateurs les plus réputés ne se battraient pas pour l’engager. Pour ma part, je trouve que La plage n’était pas très satisfaisant, que le film sur le Masque de Fer faisait sans trop d’imagination de l’Alexandre Dumas, et que Éclipse totale pêchait par un excès de maniérisme (et ça, c’est la responsabilité de la réalisatrice), mais c’est à peu près tout, compte tenu de ce que je n’ai pas vu Basketball diaries. Après tout, Johnny Depp a fait La neuvième porte et From hell, notoirement ratés, et Matt Damon a tourné dernièrement à Paris un navet policier dont j’ai oublié le titre.

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Sortie des films

Un film mis en boîte depuis deux ans (ou plus) sort quand le distributeur qui l’a acheté le décide – toujours pour des raisons d’opportunité commerciale. N’oublions pas qu’un film est aussi une marchandise. On ne sort pas en hiver les derniers modèles de maillots de bain, on attend la fin du printemps. C’est pourquoi un film tourné après un autre peut sortir avant (voir l’histoire de la fabrication du premier film officiel de Jerry Lewis, The bellboy).

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Sur Un éléphant, ça trompe énormément - P.R.O.F.S. – Salut l’artiste

Samedi 16 février 2003

C’est assez farce que le gourou de Lutte Ouvrière, le dénommé Robert Barcia, alias Hardy, ait donné la première interview de sa vie... à un ancien comédien ! Christophe Bourseiller, fils du comédien et metteur en scène de théâtre Antoine Bourseiller, vous le connaissez tous. Il jouait l’étudiant un peu gonflé dans Un éléphant, ça trompe énormément, et l’un des quatre profs fouteurs de merde dans P.R.O.F.S., avec Luchini, Gamelon et Bruel. Excellent film, d’ailleurs. Un jour, Bourseiller en a eu marre de faire le comédien, et il est devenu journaliste. Il a écrit quelques bouquins, notamment sur les communistes. Un type plutôt sympathique, qui aurait pu continuer à faire ce métier de fainéant, de faux-cul, de tête enflée et de bon à rien, « comédien », mais qui a préféré faire un vrai travail.

Ses deux derniers films sont d’Yves Robert, qui est mort l’année dernière. Quand la télé a repassé récemment l’un de ses films, Salut l’artiste, j’ai eu la surprise d’y voir Élizabeth Teissier, qui était alors « comédienne ». L’astrologie rapporte davantage, il faut croire. Elle n’y apparaissait que dans une seule scène, dans la rue, vêtue en grande bourgeoise. Elle parlait à Mastroianni. Son nom est au générique de début.

Au fait, si vous voulez voir des « comédiens » en quête de travail, rendez-vous au « carrefour des putes ». Non, ce n’est pas sur la voie publique, et Sarko n’y mettra pas son nez : c’est un couloir de Radio-France, une maison que je connais assez bien. C’est là que les acteurs viennent voir s’il n’y aurait pas, par hasard, un petit rôle dans une pièce radiophonique. Je connais aussi une petite pute au sexe mal défini, qui tente de percer dans le métier (en vain) et qui ne doit pas connaître ce détail. Et ce n’est pas moi qui vais lui refiler le tuyau.

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Monsieur N.

Dimanche 17 février 2003

Réalisé par Antoine de Caunes

Sorti aux États-Unis le 9 décembre 2002

Sorti en France le 12 février 2003

C’est le genre de film dont « il ne faut pas raconter la fin », principe d’autant plus absurde qu’ici, on a tout compris une heure avant ladite fin. En résumé, Napo n’est pas mort à Sainte-Hélène, il s’est évadé après avoir payé Hudson Lowe pour qu’il se taise, et a fini ses jours en Louisiane sous le nom d’Abell. Marié à une jeune Anglaise, il en aurait eu une fille prénommée Laetitia, ha ha ! Le corps qui gît aux Invalides serait celui de son maître d’hôtel, un Corse du nom de Cipriani. Remerciez-moi, je vous fais économiser le prix d’une place de ciné.

Ces élucubrations, qui ne reposent sur rien, sont signées d’un certain René Manzor, qui a aussi écrit les dialogues, plutôt pompiers. Avec les bourdes habituelles : « Majesté » employé pour « Sire », et même un « SA Majesté » en s’adressant à Napoléon, histoire d’ajouter un non-sens à une faute de protocole. J’ai aussi relevé un « Happy birthday, Sir Lowe », alors que le mot sir doit obligatoirement être suivi d’un prénom, et non d’un patronyme.

En bref : à voir à la rigueur.Haut de la page

Acteurs

Lundi 18 février 2003

[À une internaute qui se demande ce que j’ai contre les acteurs :]

 

Je n’ai rien contre les acteurs qui font leur métier et le font bien. Il me semble que j’ai plutôt pris la défense de Leonardo DiCaprio, ces temps-ci. Et on ne me verra jamais me répandre en perfidies sur Michel Bouquet, Bernard Giraudeau, François Morel, Danielle Darrieux ou Sabine Haudepin, par exemple. Il suffit de lire ce que j’ai écrit sur Jeanne Moreau pour constater que je critique, non pas son jeu d’actrice, mais sa prétention, sa tête enflée, sa voix fausse (quand elle CHANTE) et son vocabulaire indigent.

Et puis, « sans acteurs, pas de films » ? Ça tombe mal, alors que le film que les auditeurs de France Inter viennent d’élire comme le film de l’année est Être et avoir, un documentaire sur l’école primaire, sans le moindre acteur. Robert Bresson a fait toute sa longue carrière de réalisateur sans jamais engager un professionnel : il ne prenait que des amateurs. Pour ne rien dire des dessins animés, des films en images de synthèse, etc. Un jour, il coûtera moins cher de faire jouer les images reconstituées de Bogart et de Jouvet que de payer grassement certains parasites prétentieux et qui se prennent pour des oracles parce que des animateurs médiocres les invitent à la télé.

 

« Un acteur, même s’il n’est qu’amateur, reste toujours un acteur » : d’abord, on ne voit pas d’où vient cette affirmation. Ensuite, cette phrase recèle sa propre contradiction. Comment un amateur, qui, par définition, n’a jamais joué, pourrait-il rester ce qu’il n’était pas ? En outre, la plupart des gens recrutés dans la rue ou dans des cafés par Robert Bresson, Vittorio de Sica et autres réalisateurs ayant utilisé des amateurs, n’ont pas refait de cinéma (exception faite de Dominique Sanda et de Jean-Pierre Léaud – quoique ce dernier n’a pas été recruté comme ça, puisque sa mère, Jacqueline Pierreux, était actrice, et son père, Pierre Léaud, scénariste). Le jeune homme qui jouait Alexis, le rôle principal dans La vierge des tueurs, par exemple, est dans ce cas. Après le film, il est devenu camionneur, je crois. Le petit garçon qui jouait P’tit Gibus dans La guerre des boutons, Martin Lartigue, est devenu peintre. Les très rares qui ont voulu continuer se sont plantés, ou ont mal fini, parce qu’ils n’avaient pas appris à tricher – la base du métier.

Les amateurs ont cet avantage de ne pas avoir de passé, donc de ne pas surcharger leurs rôles avec les réminiscences, chez le spectateur, de leurs rôles précédents. De plus, ils cabotinent beaucoup moins, car ils ne savent pas le faire et n’ont pas le temps d’acquérir les défauts qui viennent avec la notoriété.

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Acteurs (suite)

Mardi 19 février 2003

[À une internaute qui estime qu’un individu quelconque devient acteur dès lors qu’il joue :]

 

Je ne suis évidemment pas d’accord. Un acteur qui se dit professionnel se sent acteur vingt-quatre heures sur vingt-quatre, même s’il ne joue pas pendant des mois. Un amateur engagé occasionnellement sait très bien qu’il ne rejouera probablement jamais. La mentalité est tout à fait différente. Or, ce que je mets en cause, c’est précisément cette mentalité, et la notion qui va avec : se croire quelqu’un d’important parce que les autres vous regardent et payent pour cela. Le reste m’est complètement indifférent. Les vrais grands acteurs, dont ceux que j’ai cités, ne se montent pas la tête. Ce sont les minables qui viennent à la radio ou à la télé tortiller du croupion et vous bassiner avec leurs vantardises proférées sur un ton faussement modeste. Jeanne Moreau en a donné un bel exemple hier.

Retour sur ma deuxième phrase ci-dessus : mais comment peut-on se dire « professionnel » ? Le métier d’acteur n’est pas réglementé. Quiconque le décide peut prétendre qu’il est acteur, si ça lui chante (écrivain, peintre ou musicien, c’est pareil), l’État ne viendra pas vérifier et lui coller une amende s’il se vante et n’a jamais joué. Qu’on essaye de se prétendre professeur ou médecin, et ce sera une autre paire de manches. Le premier crétin venu qui a figuré dans une pub télé, ou posé comme mannequin pour le catalogue de Monoprix, se prétendra acteur. Qu’est-ce que ça prouve ? Certainement pas qu’il est capable de jouer Hamlet ou Harpagon.

Note en passant : les figurants, qui ne « jouent » pas et font simplement acte de présence pour meubler certaines scènes, se disent « acteurs de complément ». Ce n’est pas comique ? Or, le premier venu peut être figurant, il y a des demandes partout sous forme d’affichettes sur la voie publique ; on vous engage si vous avez le physique, mais vous ne jouez pas, vous peuplez.

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La fleur du mal

Mercredi 20 février 2003

Réalisé par Claude Chabrol

Sorti en Suisse romande le 9 février 2003

Sorti en France le 19 février 2003

La fleur du mal est un film de Claude Chabrol. Thomas Chabrol joue dedans. La scripte est Aurore Chabrol. C’est Mathieu Chabrol qui a fait la musique. Hein ? Non, je n’ai rien dit.

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Sur Les damnés

Jeudi 21 février 2003

Rappelons aux incultes qui traînent ici et là que Visconti n’a pas intitulé son film « Les damnés ». Ça, c’était le titre donné par les distributeurs yankees et français. Le film visé s’appelait moins banalement La caduta degli dei en italien (ce qui signifie « La chute des dieux »), et Götterdämmerung en allemand – allusion à l’opéra de Wagner.

C’était d’autant plus maladroit d’appeler un film « Les damnés », qu’il existait déjà un film portant ce titre. Il était de Joseph Losey.

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Sur Arrête-moi si tu peux

Dimanche 23 février 2003

L’habitude est bien prise maintenant : les critiques, au Masque et la plume, ont dit la même chose que moi à propos de Leonardo dans le film de Spielberg. Qu’il était excellent, qu’il faisait vraiment ses 16 ans au début du film (l’un d’eux a dit « 13 ans », ce qui est un peu exagéré), et que c’était rassurant après Gangs of New York. Et aussi, que tonton Steven n’était pas bon quand il se prenait au sérieux, ce que je répète depuis deux ans.

Je n’ai pas entendu la fin de l’émission, à partir de 18 ans après. J’écouterai la suite sur Internet demain.

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Critiques payés

Lundi 24 février 2003

Quitter la salle avant la fin quand on est critique professionnel, c’est-à-dire PAYÉ pour voir les films (gratuitement) et en rendre compte, c’est une faute professionnelle. À moins que, cas exceptionnel tout de même, le film soit insupportable.

Parler d’un film qu’on n’a pas vu jusqu’au bout, comme naguère Philippe Collin à propos de Titanic, c’est une deuxième faute professionnelle, et une grande malhonnêteté.

Vous allez me dire que ça m’est arrivé, par exemple pour 102 Dalmatiens et Dancer in the dark. Mais chez moi, il s’agissait d’un gag... et je ne suis pas payé !

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Sites associés :    Yves-André Samère a son bloc-notes 125 films racontés

Dernière mise à jour de cette page le lundi 5 octobre 2015.