Kinopoivre, les films critiqués par Jean-Pierre Marquet - Vite !

Vite !

Les critiques et notules de ce site peuvent sembler longues aux lecteurs pressés. Pour eux, ces aperçus en peu de mots. Ils sont classés par pages, en suivant l’ordre alphabétique. Au sommaire de celle-ci, Un aller simple, Un barrage contre le Pacifique, Un couple épatant, Une séparation, Une vérité qui dérange, Un jour dans la vie de Billy Lynn, Un monde meilleur.

Chiffres A1 A2 A3 B C D E F G H I J K L1 L2 L3 L4 L5 L6 L7 L8 M1 M2 N O P Q R S T U V W Y

 

Barême :

Classique 4 étoiles

À voir absolument 3 étoiles

À voir 2 étoiles

À voir à la rigueur 1 étoile

Inutile de se déranger 0 étoile

À fuir À fuir

U

Un aller simple2 étoiles
de Laurent Heynemann
avec Jacques Villeret, Barbara Schulz, Lorant Deutsch, Eva Ionesco, Nathalie Krebs, Christophe Odent, Wilfried Brosch, Jean Benguigui

Pour une fois qu’il paie ce qu’il achète, ce petit voyou d’Aziz, faux Marocain qui n’a pas inventé l’eau tiède, plutôt spécialiste de la revente des auto-radios piquées dans les bagnoles, son honnêteté passagère le conduit droit chez les flics : la bague de fiançailles destinée à la fille qu’il aime et qu’il a réglée cash à son dénonciateur, bijoutier pour la couverture mais indic pour la tranquillité, va lui valoir une expulsion. Heureusement, le ministre des Affaires Étrangères cherche justement à redorer le blason de ses services, grâce à une belle opération de « communication » dans le style humanitaire. Reste plus qu’à trouver les deux pigeons : l’expulsé et l’accompagnateur. L’expulsé, ce sera donc Aziz ; l’accompagnateur, Jean-Pierre, un obscur fonctionnaire qui accepte toutes les sales corvées parce qu’il s’en fout, vu que sa femme le trompe avec son propre chef de service et que c’est un raté authentique.

De quiproquos en mensonges, Jean-Pierre et Aziz se retrouvent à Casablanca d’abord, Agadir ensuite, et cherchent à rejoindre Irguiz, village qui n’existe pas, et auquel Jean-Pierre, pas si naïf mais c’est l’État qui paye la balade, feint de croire. Après bien des tribulations, l’obscur fonctionnaire français va se décider à tout larguer, un tout auquel il ne tenait guère...

Le film est stimulant, et l’histoire a bien de la générosité. La seule faiblesse du récit me paraît se situer précisément dans cette séquence de la révélation en montagne, une peu longuette.

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Un barrage contre le Pacifique2 étoiles
de Rithy Panh
avec Isabelle Huppert, Gaspard Ulliel, Astrid Berges-Frisbey, Vincent Grass, Jean-Pol Brissart, Randal Douc, Lucy Harrison, Ingrid Mareski, Stéphane Rideau, Duong Vathon

Une institutrice française achète au Cambodge une concession pour y cultiver le riz, mais la terre, en bordure de l’océan, est inondable. Près d’être ruinée, elle tente de construire une digue, mais elle échoue, puis meurt. Auparavant, elle a tenté de prostituer sa fille de 17 ans auprès d’un riche Chinois, mais cela n’a pas suffi à renflouer les finances de la famille.

Ce film, réalisé par le Cambodgien Rithy Panh, est tout à fait correct, malgré quelques petits erreurs de scénario, telle celle-ci : peu avant la mort de la mère, un de ses employés vient annoncer « Grand malheur, barrage effondré », or cet incident n’a aucune suite dans le film, il est d’ailleurs contredit par le plan de fin. En fait, ce qui intéresse le réalisateur, c’est ce thème très peu traité au cinéma, le comportement sordide de personnages qui ont le couteau sur la gorge et n’ont aucun autre moyen de s’en sortir. On n’a guère vu cela depuis Affreux, sales et méchants, d’Ettore Scola, qui date de 1976, et qui était plutôt une farce cynique.

Il semble en tout cas que le barrage que la mère faisait construire contre les marées de décembre envahissant sa plantation ait résisté, puisque le plan de fin, montrant une rizière florissante, annonce : « Polder de la femme blanche - Décembre 2007 ».

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Un couple épatant2 étoiles
de Lucas Belvaux
avec Ornella Muti, Dominique Blanc, Gilbert Melki, Lucas Belvaux, Catherine Frot, François Morel, Valérie Mairesse

Premier film de la trilogie de Lucas Belvaux, c’est une comédie classique, centrée sur Alain (François Morel), un homme d’affaires. Lui et sa femme Cécile forment vraiment un couple épatant : Italienne, elle est professeur de lycée ; lui est un excellent patron, adulé en tout bien tout honneur par sa secrétaire Claire. Le ménage est uni, ils s’aiment, sont heureux, fidèles, ont deux grands enfants, une belle maison et de bons amis. Le rêve, donc.

Mais Alain est hypocondriaque, et, parce qu’il doit subir une bénigne intervention chirurgicale dont il n’a soufflé mot à sa femme, il se voit déjà mort, allant jusqu’à refaire sans cesse au dictaphone son testament.

Une visite chez son chirurgien le met en retard pour sa soirée d’anniversaire, et le voilà qui s’invente un accident de la circulation pour ne pas révéler qu’il est souffrant, et donc ménager son épouse ; pis, il se croit obligé de cabosser sa propre voiture afin d’accréditer son histoire. Naïf, il s’y prend avec une telle maladresse que Cécile a vite fait de détecter le mensonge, mais, se méprenant, le soupçonne d’infidélité, le fait suivre par un policier qui est le mari de son amie Agnès, et c’est le ver introduit dans le fruit. Effets pervers des bons sentiments. De faux prétextes en quiproquos, aussi nombreux que dans une pièce de Feydeau, le couple frôle la catastrophe, avant la traditionnelle explication finale et le happy end.

Rien de révolutionnaire, mais on rit beaucoup et c’est intelligemment fait.

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Une séparation3 étoiles
de Asghar Farhadi
avec Peyman Moaadi, Leila Hatami, Sarina Farhadi, Ali-Asghar Shahbazi, Shirin Yazdanbakhsh, Sareh Bayat, Shahab Hosseini, Kimia Hosseini, Merila Zare’i, Babak Karimi

Le film raconte un simple fait divers, et commence par une audience de conciliation entre deux époux iraniens, scène qui trouve son pendant avec la scène de la fin, où le divorce étant prononcé, la fille des deux ex-époux doit dire avec lequel des deux elle veut vivre. Mais l’action est tout autre, c’est une banale histoire d’arnaque et de chantage dont les époux sont victimes. Cepandant, cette anecdote apparemment sordide donne lieu à un récit mené de main de maître, qui ne faiblit pas un seul instant. On finit par en conclure que tout jugement hâtif est, finalement, injuste.

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Une vérité qui dérange1 étoile
de Davis Guggenheim
avec Al Gore

Les films militants, depuis quelques années, fleurissent, principalement aux États-Unis. Celui-ci ne relève pas du cinéma, car c’est une conférence filmée, que l’ancien vice-Président Al Gore a promenée un peu partout dans son pays. C’est très pédagogique et admirablement conçu, quoique passablement biaisé puisque mensonges et erreurs fleurissent tout au long, et l’on regrette que Gore, malgré son talent de communicateur, n’ait pas dit tout cela lorsqu’il était au pouvoir ! Aujourd’hui, trop tard, c’est peine perdue, et il ne convainc que des convaincus. C’est d’ailleurs le sort de tous les films militants, bien ou mal faits.

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Un jour dans la vie de Billy Lynn0 étoile
d’Ang Lee
avec Joe Alwyn, Garrett Hedlund, Arturo Castro, Mason Lee, Astro, Kristen Stewart, Beau Knapp, Ismael Cruz Cordova, Barney Harris, Vin Diesel, Steve Martin, Chris Tucker, Makenzie Leigh

Billy est un jeune Texan de 19 ans, qui s’est engagé pour pouvoir payer le traitement médical de sa sœur accidentée, et a été envoyé en Irak, en 2004, au temps de Saddam Hussein. Là, au cours d’une escarmouche, il tente de ramener dans les lignes amies son sergent qui a été blessé, mais trop tard puisque le sous-officier meurt très vite. Or une caméra restée ouverte a filmé l’évènement, l’enregistrement est diffusé aux États-Unis, et l’armée ramène pour quelques jours l’escouade entière, afin d’exhiber le « héros » et ses camarades. Mais Billy, ses camarades et leur supérieur immédiat, un sergent humaniste, sont scandalisés par les exhibitions auxquelles on leur impose de participer : patriotisme, glorification de « l’Amérique » [re-re-sic, car nul ne songe que l’Amérique est un continent, dont les États-Unis ne sont qu’une petite partie, mais qui a annexé le tout], drapeau, musique pop, feux d’artifice, discours où s’étale une vanité nationale fort peu justifiée par les faits, avec, en prime, ces brochettes de soldats au garde-à-vous sur le terrain de sport. Au point que le héros de cette histoire, humilié, en vient à souhaiter de retourner en Irak, malgré le souhait de sa sœur aînée qui suggère de l’aider, via l’intervention d’un psy, à se faire exempter.

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Un monde meilleur0 étoile
de Mimi Leder
avec Kevin Spacey, Helen Hunt, Haley Joel Osment, Angie Dickinson

Pour le petit garçon du film, reconnaître un bienfait reçu en renvoyant l’ascenseur à quelqu’un d’autre que son bienfaiteur, ou plutôt à trois autres personnes, serait un idéal de vie. Riche idée, penserez-vous, mais riche surtout de potentialités génératrices de sensiblerie. Et cela ne rate pas. La réalisatrice Mimi Leder plonge tête baissée dans une sentimentalité poisseuse qui, très vite, après un début acceptable, rend le tout extrêmement ennuyeux. Ce défaut culmine dans la séquence finale des obsèques du gosse, mort poignardé par un camarade d’école. On est prié de tirer son mouchoir... Même Kevin Spacey, si bon d’habitude, n’échappe pas au ridicule lorsqu’il raconte comment, à seize ans, l’amant de sa mère l’a arrosé d’essence avant d’y mettre le feu, un récit qui est loin de m’avoir enflammé.

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Dernière mise à jour de cette page le jeudi 16 février 2017.